Pour le compte de l’année 2024, Journaliste en Danger (JED), sous la conduite de son Secrétaire Général, Tshivis Tshivuadi, a publié son rapport, samedi 2 novembre dernier. C’était lors d’un atelier organisé, à la Résidence Saint Pierre Claver, située à la Gombe, dans le cadre de la célébration de la Journée internationale de lutte contre l’impunité des crimes commis contre les journalistes. Le Ministre de la Communication et médias, a pris part à cette activité. Le nouveau rapport de JED met un accent particulier sur la nouvelle loi sur la presse et dénonce les cas les plus récents de violation de la liberté de la presse en RD. Congo. Dans son mot de circonstance, Tshivis Tshivuadi a condamné, avec fermeté, le traitement injuste dont sont souvent victimes les professionnels des médias dans l’exercice de leur métier. Il a saisi l’occasion pour appeler les autorités du pays à favoriser l’exercice d’une presse libre en République démocratique du Congo.
‘’La situation sécuritaire fragile, notamment en raison des conflits armés persistant à l’Est du pays, ne doit pas servir de prétexte aux autorités pour entraver le travail normal de la presse et imposer un régime de censure sur les médias. En 1948, les Etats membres de l’Assemblée générale des Nations Unies ont énoncé le principe de la liberté de l’information dans l’article 19 de la Déclaration Universelle des droits de l’homme. Il est écrit clairement que la liberté d’opinion et d’expression implique le droit de ne pas être inquiété parce qu’on cherche, reçoit ou répand les informations. Et cela, sans considérations des frontières. Cette Déclaration totalise aujourd’hui 76 ans, mais la combat pour la liberté de la presse c-à-dire le droit d’informer et d’être informé, ainsi que son droit jumeau qui est le droit d’accès à l’information, restent encore une quête difficile en RDC. Bien que le gouvernement réaffirme tous ces droits, du reste, inscrits dans la Constitution, ainsi que dans les instruments juridiques internationaux, le relevé de nos rapports de monitoring indique des nombreux cas de censure, de répressions brutales contre les professionnels des médias, et d’accès difficiles aux sources officielles d’informations. Pendant que la corruption et les détournements des fonds publics sont quotidiennement dénoncés, y compris par les hautes autorités du pays, les journalistes continuent de payer lourdement chaque fois qu’ils disent tout haut, ce que tout le monde sait déjà. Ces nouveaux prédateurs de la liberté de la presse sont encouragés, notamment, par la définition de la diffamation dans la législation congolaise. Dans cette définition, la véracité ou non des faits avancés n’intéresse pas le juge qui s’en tient simplement à l’honneur prétendument bafoué de la personne qui se plaint’’, démontre, précisément, Tshivis Tshivuadi, SG de JED, dans l’introduction de ce rapport qui mérite, amplement, une plus large diffusion.
Les dirigeants congolais interpellés
‘’Depuis plusieurs années, JED, ensemble avec plusieurs autres Organisations des médias, et avec l’appui de nos partenaires internationaux, s’est engagée dans des campagnes pour la suppression des sanctions pénales frappant les « délits » de presse et en dénonçant les abus du système judiciaire congolais. Les arguments en faveur de la dépénalisation des délits de presse ne manquent pas. Ce qui fait défaut, c’est la volonté politique de démocratiser réellement le pays et d’instaurer les méthodes de la Bonne gouvernance. A titre de rappel, lors de la clôture des Etats généraux de la presse tenue en janvier 2022, le Président de la République, Félix Tshisekedi, s’était engagé à accompagner la Dépénalisation des délits de presse et de garantir l’indépendance des médias. Le constat qui se dégage est que les journalistes et les médias congolais restent exposés aux diverses pressions et actes de censures, aux arrestations arbitraires et aux menaces directes et indirectes. Sous son premier mandat, soit de 2019 à 2023, JED avait dénombré plus de 500 cas d’attaques diverses contre les journalistes et contre les médias. Les responsables de ces attaques contre la presse sont connus, et ne sont jamais inquiétés parce qu’ils détiennent une quelconque parcelle de pouvoir. Il s’agit des autorités politico- administratives et des services et forces de sécurité, qu’ils soient de la police, de l’armée ou des services des renseignements’’, dénonce-t-il, sans complaisance, dans son introduction, au niveau des pages 6 et 7 du rapport, disponible, au siège de JED, en format dur.
GM
