L’opposition émiettée lors des élections de 2023, ne semble pas tirer des leçons de son passé récent. Au départ, elle a tenté de militer pour l’annulation des élections. Mais, après les proclamations des listes provisoires par la CENI des législatives nationales et provinciales ainsi que des conseillers municipaux, les différents états-majors politiques ont choisi de changer leur fusil d’épaule.
En dehors du FCC proche de Kabila et de Lamuka de Martin Fayulu, tous les partis de l’Opposition ont pris part aux différents scrutins. Visiblement, ces derniers ont refusé d’adhérer au principe du boycott en vue de militer aujourd’hui, après l’échec, pour l’annulation des élections de 2023. L’opposition coagulée autour de Moïse Katumbi n’a pas été capable de lever officiellement une option commune. Les différents partis et regroupements politiques préfèrent décider en solitaire.
En attendant, Moïse s’est offert, pour cette législature, 18 sièges à la chambre basse du Parlement. Un pactole qui place, désormais, Ensemble pour la République en première force d’opposition en RDC. Les pressions des élus proches du chairman de Mazembe vont dans le sens de le mettre devant une situation de fait, en participant aux institutions.
De son côté, Matata Ponyo, à la tête de Leadership pour la gouvernance et la démocratie (LDG), a été le meilleur élu de Kindu-ville.
Ayant soutenu Moïse Katumbi à la présidentielle, il a choisi de faire cavalier seul dans la gestion de son ambition politique après son élection à la députation nationale. Pour le parti de cet ancien Premier Ministre, « le vin est tiré, il faut le boire ».
Le nouvel échiquier politique à l’issue de ces élections s’impose aux uns et aux autres, selon l’avenir politique de chacun.
Nul n’est besoin de rappeler que le leader de LGD traîne derrière sa personne, le lourd passé de la débâcle du Projet du Parc agro-industriel de Bukanga Lonzo.
Après les démêlées judiciaires, il s’est retrouvé dépouillé de ses immunités parlementaires en tant que Sénateur. Avec son élection à la chambre basse du Parlement pour la législature 2024-2028, il peut s’assurer, grâce à ses nouvelles immunités, de négocier un nouveau virage politique.
L’objectif est d’éviter, faut-il le vaticiner, ce suicide que le FCC et Lamuka de Fayulu se sont imposés pour 2024-2028. Le combat de la « vérité des urnes de 2018 » à l’appel du leader de l’Ecidé ne s’est pas montré concluant.
Débuté avec faste avec l’appui d’une bonne partie de ceux qui avaient rejoint l’Opposition, ce mouvement n’a pas résisté aux intempéries politiques.
Raison pour laquelle, beaucoup de leaders sont restés dubitatifs avant de s’engager dans cette nouvelle lutte qui se veut d’avance perdue au moment où ces derniers disposent des membres élus dans cette nouvelle législature.
Donc, Fayulu et le FCC se préparent à passer en jachère politique, ce nouveau quinquennat.
Il y a là toute la nécessité de faire le bon choix au risque de subir l’histoire plutôt de continuer à l’écrire ensemble pour l’avenir radieux du pays.
La Pros.