Le dossier du détournement présumé de fonds publics impliquant le gouverneur du Kongo Central, Grâce Bilolo, continue de susciter débats et réactions au sein de l’opinion publique provinciale et nationale. Alors que la Cour de cassation a sollicité l’autorisation de l’Assemblée provinciale pour l’ouverture éventuelle d’une instruction judiciaire, le chef de l’exécutif provincial rejette en bloc les accusations portées contre lui et se présente comme une victime de sa politique de rigueur dans la gestion des finances publiques.
Selon les informations relayées par Top Congo FM, la haute juridiction soupçonne des faits présumés de malversations financières, de non-versement des recettes issues des impôts et taxes provinciales, ainsi que de détournement de deniers publics, à la suite d’une mission de contrôle menée par l’Inspection générale des finances (IGF). Le préjudice évoqué serait estimé à près d’un million de dollars américains.
Face à ces allégations, Grâce Bilolo affirme n’avoir jamais été officiellement saisi ni du rapport de l’IGF ni d’un quelconque acte de procédure judiciaire.
«Jusqu’à ce jour, je n’ai reçu aucune notification officielle. Je ne suis informé de rien », a-t-il déclaré publiquement, soulignant qu’aucun débat contradictoire ne lui a été accordé dans ce dossier.
Pour le gouverneur, les accusations relayées relèveraient davantage de rumeurs que de faits établis. Il précise que, selon les informations en sa possession, le processus de contrôle se serait limité au niveau du ministère provincial des Finances, sans jamais engager directement sa responsabilité en tant que chef de l’exécutif provincial.
« Moi, au nom de la province, je n’ai jamais été confronté à un rapport me reprochant un détournement », a-t-il insisté.
Dans son entourage, plusieurs proches évoquent une gestion jugée stricte et rigoureuse des finances provinciales, qui aurait pu déranger certains intérêts. Pour eux, la volonté affichée de renforcer la transparence, d’assainir la mobilisation des recettes et d’imposer un contrôle accru dans l’administration provinciale expliquerait les tensions actuelles autour de sa personne.
Sur le plan juridique, il convient de rappeler que le gouverneur bénéficie d’un privilège de juridiction. Toute poursuite à son encontre doit impérativement être autorisée par l’Assemblée provinciale du Kongo Central. Cette disposition vise à protéger l’action gouvernementale contre des poursuites intempestives ou politiquement motivées, susceptibles de paralyser la gestion de la province.
Cependant, la situation reste marquée par une incertitude institutionnelle, les députés provinciaux étant actuellement en vacances parlementaires, en attendant la session ordinaire prévue pour le 30 mars. En attendant, la polémique enfle et divise l’opinion publique entre partisans de la reddition des comptes et défenseurs du gouverneur.
Dans l’état actuel, aucune culpabilité n’a été établie contre Grâce Bilolo. L’affaire demeure au stade de la procédure préliminaire, et seule l’évolution judiciaire permettra de situer les responsabilités. En attendant, le gouverneur du Kongo Central maintient sa position : il se considère non pas comme un fautif, mais comme une victime collatérale d’une gestion qu’il estime responsable et conforme à l’intérêt public.
Bosco Kiaka
