En République démocratique du Congo, la problématique majeure liée l’identification de la population demeure un défi pressant. Plus de six décennies après l’indépendance, le Congo, en dépit de ses nombreuses richesses et potentialités diverses, ne dispose pas de carte d’identité pour citoyen. Et, pourtant, Sans données précises sur le nombre, la répartition et les caractéristiques de sa population, l’État ne pourra planifier efficacement ses politiques publiques.
Aujourd’hui plus qu’hier, il va sans dire qu’une grande partie des congolais ne possède ni carte d’identité nationale, ni numéro officiel d’enregistrement. L’absence de statistiques fiables entraîne en effet des dysfonctionnements considérables : répartition inégale des ressources, fraudes lors des élections, détournement des aides sociales, et même infiltration de groupes étrangers dans certaines zones frontalières. Pour plusieurs observateurs, l’identification des citoyens congolais est désormais une urgence nationale.
Le gouvernement, à travers le ministère de l’Intérieur et celui du Plan, a déjà annoncé son intention de relancer le projet de recensement général. Mais ce chantier, aussi vaste que nécessaire, nécessite une volonté politique ferme, des moyens financiers conséquents et la collaboration de tous les acteurs : société civile, institutions publiques, et partenaires internationaux.
Dans un pays de plus de 100 millions d’habitants, répartis sur un territoire grand comme l’Europe de l’Ouest, disposer d’une base de données fiable et moderne représente un pas décisif vers une meilleure gouvernance. C’est aussi une condition essentielle pour bâtir un État efficace, équitable et respectueux de ses citoyens.
La RDC ne peut plus avancer à l’aveugle. L’identification de sa population est une étape incontournable pour planifier son avenir, garantir la transparence et consolider la démocratie. Car connaître les siens, c’est déjà commencer à mieux les servir. En plein 21ème siècle, il est inconcevable que le pays continue à naviguer à vue là certaines Nations ont atteint des niveaux impressionnants, allant jusqu’à intégrer le système de reconnaissance faciale de chaque citoyen. C’est le cas de la Chine qui, de plus en plus, s’avance vers une stratégie d’innovante inégalée dans la gestion de ses populations, estimées d’ailleurs à près de 1,4 milliards. Si la RDC compte réellement progresser et baliser le chemin pour un développement durable, c’est maintenant ou jamais. Vivement l’identification de la population.
La Pros.
