(Par le Prof Dr Antoine Roger Lokongo)
« Nous ne négocierons « JAMAIS » avec le M23 », ont-ils juré. Et maintenant ? Le « JAMAIS » devient « VOLONTIERS J’ARRIVE » !
En quoi les succès diplomatiques apparents et la stratégie de toujours se retirer une fois attaqué par l’ennemi pour prétendument mieux organiser la contre-offensive qui ne viendra jamais, ont-ils payé ? De Bunagana jusqu’à Bukavu, nos forces armées se sont senties trahies au front même par nos propres décideurs !
Et quel dialogue si ce n’est que pour mettre fin à une coop qui a mal tourné et qui risque de consumer certains protagonistes ?
Et s’il faut signer des accords miniers avec les Américains espérant qu’en contrepartie les Américains suivis des Canadiens et des Britanniques (les anglo-saxons) vont lâcher Museveni et Kagame.
« La paix en n’importe quel prix n’est plus là paix », écrit Eve Curie.
Il n’y a personne qui va défendre, libérer et protéger le Congo plus que nous-mêmes.
Si les Américains suivis des Canadiens et des Britanniques (les anglo-saxons) signent de tels accords miniers avec Kinshasa, ça sera une reconnaissance de fait que ce sont eux qui sont derrière l’holocauste au Congo pendant les trois dernières décennies, le pillage systématique des richesses du Congo, le viol comme arme de guerre et l’occupation des terres ancestrales des Congolais par procuration, c.-à-d. à travers Museveni et Kagame.
Les États-Unis feront preuve de faillite morale ; car si Washington se félicite de l’incarcération de l’ancien président Philippino Duterte à la CPI, pourquoi épargnent-ils Netanyahou, Museveni et Kagame ?
Qui est ce Congolais qui acceptera que nous soyions colonisés par les autres Africains, Tutsi en occurrence, en plein 21ème siècle ? L’on ira de résistance en résistance et donc de guerre en guerre ! Ceux qui croient qu’ils ont réussi à affaiblir le peuple Congolais avec des invasions répétitives pendant les trois dernières décennies se trompent largement. Avec un gouvernement sérieux, le Congo va se relever et va vaincre !
Qui est ce Congolais qui acceptera de croupir de nouveau sous un autre régime dictatorial sanglant, traître, corrompu, véreux, jouisseur, détourneur, privatiseur et bradeur de nos ressources et de notre patrimoine, immoral, pervers, vendu, abâtardi, acheté, débauché et dépravé ; pareille à celle que les Congolo-Zairois ont connu pendant 37 ans, c.-à-d. la dictature mobutisto-tshisekediste ?
Le Congo est de nouveau à la croisée des chemins et c’est le régime du Président Félix Tshisekedi qui vient une fois de plus de l’y mettre là !
La solution passe par le renouement avec la vision Lumumbiste-Kabiliste qui demeure incontournable pour le salut du Congo.
Quant à Kinshasa, elle veut sacrifier tout le patrimoine minier du Congo sur l’autel du lucre américain.
De toutes les façons, la Compagnie américaine Alphamines continue à exploiter les minerais stratégiques au Nord-Kivu, actuellement occupé. Ces minerais stratégiques ne seront jamais transformés sur place au Congo car « c’est l’Amérique d’abord » qui compte. C’est « la restauration de la grandeur de l’Amérique » d’abord et non celle du Congo après trois décennies de guerres par procuration.
L’autre question que nous nous posons est celle de savoir est ce que les Américains sont-ils prêts à engager des coûts et des dépenses exorbitantes pour procéder à de nouvelles explorations de nouvelles zones minières parce que nous savons que tous les carrés miniers en RDC sont aujourd’hui privatisés par toute personne qui a une parcelle du pouvoir au Congo, par des groupes locaux et par les troupes étrangères, surtout Rwandaises et ougandaises ?
Nous devons vraiment faire attention pour ne pas piéger notre propre avenir par nos politiques actuelles. Car comme l’écrit Denis de Rougemont, « toute, politique est une autorisation de l’avenir ».
Quand Bill Clinton a voulu lui imposer le monopole américain de tous les secteurs de l’économie congolaise à travers le « Plan Bechtel de Reconstruction du Congo », Mzee Laurent Désiré Kabila a dit NIET. Il n’a pas vendu le Congo au premier plus offrant venu. Lorsque vous vendez votre droit d’aînesse, lorsque vous bradez votre patrimoine il est toujours difficile de le récupérer dans l’avenir.
Le Président Ukrainien Volodymyr Zelenski se trouve devant une équation difficile. Il ose imaginer l’avenir de son pays sans le diktat américain même si son pays doit son salut à l’aide militaire américaine en grande partie et en contrepartie, les États-Unis exigent des contrats miniers pour se faire payer. Une leçon pour les Congolais.
Sans la diversification des partenaires, la RDC ne pourra pas se relever après des années d’invasions Tutsi successives sans qu’elle puisse retomber dans la même situation.
