Face à la dégradation de la situation humanitaire consécutive à la guerre d’agression attribuée au Rwanda via le M23/AFC, le Gouvernement de la République Démocratique du Congo a lancé, le vendredi 9 janvier 2026, une mission d’assistance humanitaire en faveur des Congolais ayant trouvé refuge dans des camps au Burundi et en Tanzanie.
Conduite par la Ministre d’Etat, Ministre des Affaires sociales, Actions humanitaires et Solidarité nationale, Eve Bazaïba Masudi, la délégation compte notamment, le Ministre délégué aux Affaires étrangères en charge des Congolais de l’étranger et de la coopération, Crispin Mbadu. Une mission à la fois humanitaire et diplomatique, dans un contexte où les besoins se multiplient et où la pression sur les structures d’accueil devient palpable.
A leur arrivée à l’aéroport international Melchior Ndadaye, les membres de la délégation gouvernementale ont été accueillis par l’Ambassadeur de la RDC accrédité à Bujumbura. La mission s’est ensuite rendue au Ministère burundais des Affaires étrangères, de l’Intégration régionale et de la Coopération au Développement, pour un entretien avec le chef de la diplomatie burundaise, l’Ambassadeur Édouard Bizimana.
Au cours des échanges, la partie congolaise a présenté l’état global de la situation des déplacés congolais sur le sol burundais, tout en réaffirmant la détermination de Kinshasa à assurer un suivi humanitaire adéquat.
S’exprimant au nom du Président Félix Tshisekedi Tshilombo et de la Première Ministre Judith Suminwa Tuluka, Eve Bazaïba Masudi a salué la coopération et l’hospitalité du Burundi envers les victimes de la crise. Elle a également réitéré l’engagement de l’État congolais : « Tout sera mis en œuvre pour protéger nos compatriotes et leur apporter une assistance humanitaire suffisante. »
Selon les informations communiquées, plus de 100.000 Congolais se seraient réfugiés au Burundi, tandis que d’autres ont gagné la Tanzanie, notamment la zone de Kigoma. Si la situation est qualifiée d’alarmante, elle demeure, d’après la mission, sous contrôle, grâce à l’appui des autorités d’accueil et des partenaires humanitaires.
Dans cette optique, la délégation a tenu une réunion technique avec la Représentante pays du HCR au Burundi, Mme Brigitte Mukanga Eno, afin de passer en revue les aspects logistiques et les besoins urgents : abris, alimentation, eau, hygiène, soins de santé, protection, ainsi que la gestion coordonnée des flux. La réunion d’harmonisation a permis de dégager les priorités et de préciser la nature de l’aide à déployer en urgence, dans un environnement où la vulnérabilité des familles déplacées s’accentue au fil des jours.
Un point central a été mis en avant par la cheffe de délégation : la nécessité d’une identification rigoureuse des déplacés. Eve Bazaïba Masudi a insisté auprès du HCR sur l’importance de ce processus, à la fois pour renforcer la sécurité dans les sites d’accueil et pour garantir une gestion durable des mécanismes de prise en charge.
L’identification permet en effet de mieux cibler l’assistance, limiter les doublons, prévenir les infiltrations et organiser, le moment venu, des solutions plus stables, notamment en matière de protection, d’éducation et de santé.
Riposte à l’urgence sanitaire
L’assistance humanitaire annoncée par le Gouvernement congolais comprend des vivres, des non-vivres ainsi que des médicaments, dans un contexte marqué par la résurgence de cas de choléra et d’autres pathologies fréquentes en situation de promiscuité et de stress humanitaire.
Conformément aux dispositions d’un accord de coopération en vigueur, le HCR, sous la coordination de sa représentante pays, assurera la distribution de l’aide aux bénéficiaires, suivant les standards humanitaires et les procédures de traçabilité.
Par ailleurs, la délégation congolaise a procédé le samedi 10 janvier, à une remise officielle de cette assistance dans les camps de Bujumbura. La mission poursuivra ensuite son déplacement vers la Tanzanie, afin de toucher les déplacés installés à Kigoma et dans les sites concernés.
Cette intervention est présentée comme un acte de solidarité nationale envers des compatriotes contraints de quitter le territoire national sous l’effet du conflit. Le Gouvernement assure ne ménager aucun effort pour améliorer la prise en charge humanitaire, tout en réaffirmant l’objectif stratégique : le rétablissement de la sécurité, la restauration de l’autorité de l’État sur l’ensemble du pays et la création des conditions d’un retour paisible des Congolais dans leurs milieux d’origine.
La Pros.
