Une guerre d’usure sévit à l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC) depuis près de trois décennies. Elle est menée contre la population et les institutions congolaises par le régime du président Paul Kagamé du Rwanda, à travers des pseudo-rébellions et groupes armées, créés et équipés par le Rwanda avec le soutien de la communauté internationale.
En effet, cette mascarade aurait commencé à l’époque du Maréchal Mobutu, lorsqu’il (consciemment ou inconsciemment ?) nomma à la tête de son Cabinet, avec pouvoirs de Premier Ministre, un Rwandais du nom de Barthélémy Bisengimana. Vers la fin de sa vie, le Maréchal aurait révélé à l’un de ses proches collaborateurs que cinq puissances occidentales, sous prétexte que la RDC était trop vaste et trop riche pour les seuls Congolais, auraient décidé non seulement de morceler le pays de Lumumba, mais aussi d’en contrôler chacune un morceau. Ainsi, les Etats Unis d’Amérique de Bill Clinton, initiateur du projet, s’appropriaient l’ancien Kivu et l’ancienne Province Orientale (Nord Kivu, Sud Kivu, Ituri, Tshopo et Maniema), l’Angleterre de Margaret Thatcher se réservait l’espace kasaïen, l’Allemagne de Helmut Kohl s’accaparait de l’ex-Bandundu (sans le Maï-Ndombe) et le Kongo Central, la France de François Mitterrand prenait l’ex-Katanga tandis que la Belgique du roi Baudouin se contentait de l’ex-Equateur, le Maï-Ndombe et la ville de Kinshasa. Peu importe comment elle s’y prendrait, chacune de ces puissances était supposée mettre tout en œuvre pour « libérer » sa part du gâteau, même s’il faille pour cela exterminer purement et simplement tous les Congolais. La balkanisation de la République Démocratique du Congo aurait été mise en marche depuis lors.
Sur le plan interne, Bisengimana, au nom de la « vocation africaine du Congo », fit signer au Maréchal Mobutu une Ordonnance accordant la nationalité congolaise à tous les Rwandais vivant en RDC. Et comme aucun recensement préalable n’avait accompagné cette mesure, les Rwandais, candidats à l’immigration, affluèrent en masse aux frontières congolaises et la carte pour citoyen congolais leur était délivrée aussitôt après.
Sur le plan externe, le premier à se lancer dans cette aventure machiavélique fut le pays de l’oncle Sam, c’est-à-dire les Etats Unis d’Amérique, celui-là même qui avait créé la RDC et défendu son intégrité à la Conférence de Berlin en 1885. Par des coups d’Etat militaires, il procéda au positionnement de ses pions tout autour de la zone convoitée : Yoweri Kaguta Museveni à la tête de la République de l’Ouganda et Paul Kagamé à la tête de la République du Rwanda. Ces sous-traitants ont pour mission de sortir à tout prix l’ex-Kivu et l’ex-Province Orientale de la RDC et pour ce faire, ils seront maintenus au pouvoir dans leurs pays respectifs, contre vents et marrées, qu’importe la volonté de leurs peuples, tant que cette tâche n’aura pas été exécutée, ou abandonnée par son initiateur.
Pour preuve, le génocide rwandais pouvait être évité. Il a eu lieu parce qu’il faisait partie des étapes majeures par lesquelles il fallait passer dans le processus conduisant à la balkanisation de la RDC. Les services de renseignements occidentaux, principalement la puissante CIA américaine, savaient très bien ce qui arriverait aux Tutsis du Rwanda si l’on s’attaquait à l’intégrité physique du Président hutu rwandais, Habyarimana, lequel, pour résoudre pacifiquement le problème posé par la rébellion du Front Patriotique Rwandais (FPR), essentiellement tutsie et dirigé par Paul Kagamé, avait ouvert les négociations de paix à Arusha, en Tanzanie. Il revenait d’ailleurs de ces négociations de paix d’Arusha lorsque son avion, en procédure d’approche sur Kigali, a été abattu par un missile sol-air livré par l’Occident et tiré par le Front Patriotique Rwandais de Paul Kagamé.
Ce qui veut dire que ni la paix ni le partage du pouvoir proposés au FPR n’intéressaient Paul Kagamé et ses parrains occidentaux. Pour eux, il fallait non seulement amener Paul Kagamé à la tête du Rwanda mais aussi contraindre les Hutus à se réfugier en masse sur le sol congolais. Ce qui était vital pour la suite du programme. Et c’est ici qu’intervient le génocide qui allait victimiser les Hutus et les forcer à chercher réfuge ailleurs par peur des représailles.
Par après le génocide, Paul Kagamé n’a pas hésité à culpabiliser le monde entier comme s’il avait été surpris par ce qui venait de se produire. Alors que cela faisait partie d’un plan dans lequel il était partie prenante et dont l’objectif d’étape était son accès à la magistrature suprême du Rwanda pour, enfin, diriger sur terrain les opérations conduisant à la balkanisation du grand Congo. Le Président Habyarimana avait donc été assassiné délibérément pour déclencher le génocide et amener les Hutus à se réfugier en RDC. Car, la présence des réfugiés hutus sur le sol congolais était nécessaire pour permettre à Paul Kagamé, au nom de la sécurité du Rwanda, d’envahir son voisin. Qu’importait alors l’étendue des dommages collatéraux que cela entraînerait ? D’ailleurs les Tutsis restés au pays pendant la rébellion étaient considérés par le FPR comme des collabos du régime hutu d’Habyarimana et donc des traitres.
Une fois Habyarimana abattu et le génocide déclenché, l’ONU procéda mystérieusement à la réduction drastique de son personnel militaire à Kigali, comme pour laisser le champ libre aux extrémistes hutus d’agir comme bon leur semblait. Au même moment, alors qu’une mission de maintien de la paix de l’ONU, avec personnel militaire, était déjà sur place à Kigali, la France improvisa l’« Opération Turquoise » dont l’objectif non avoué était essentiellement d’encadrer et de guider les Hutus, candidats à l’exil, vers la frontière congolaise et nulle part ailleurs. Les autorités françaises convainquirent pour cela le Maréchal Mobutu, contre l’avis de son Premier Ministre Kengo wa Dondo, dont la grande mère maternelle était rwandaise, de les accueillir. Chose grave, les Français de l’« Opération Turquoise », foulant aux pieds toute la règlementation du Haut-Commissariat des Nations Unies pour es Refugiés, laissèrent les soldats hutus rwandais, qui fuyaient devant le Front Patriotique Rwandais, passer la frontière congolaise avec armes et munitions. Pire encore, des camions de l’ONU vinrent leur livrer les armes dans les camps des réfugiés de Goma où ils cohabitaient allègrement avec les civils.
Ces soldats hutus se rassemblèrent ensuite au sein d’une organisation politico-militaire appelée Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda, en sigle « FDLR ». La mise en place était terminée. On pouvait maintenant passer à l’exécution proprement dite du plan de balkanisation de la République Démocratique du Congo.
Léonard Daro
