Le secteur halieutique congolais vient de franchir une avancée historique. Pour la première fois, les femmes mareyeuses et transformatrices membres du Réseau pour le Développement Intégral du Congo (REDIC-AWFISHNET-RDC) ont reçu un appui matériel direct du gouvernement, à travers le ministère de la Pêche et de l’Élevage dirigé par Son Excellence Jean-Pierre Tshimanga Bwana. Cette dotation ne constitue pas un simple soutien logistique. Elle marque une rupture institutionnelle : la reconnaissance officielle du rôle stratégique que jouent les femmes dans la chaîne de valeur de la pêche artisanale en République Démocratique du Congo.
La remise des équipements s’est déroulée au Centre laboratoire vétérinaire de Kinshasa, en présence de plus d’une centaine de femmes venues de Kinkole, de Kalembe-Lembe et d’autres zones de pêche de la capitale. Les bénéficiaires ont reçu des kits complets comprenant bassins, couteaux, seaux, gants, bottes, sacs de sel et divers intrants essentiels à la transformation du poisson. Ces outils permettront non seulement d’améliorer leurs conditions de travail, mais aussi de renforcer la qualité sanitaire et commerciale des produits halieutiques mis sur le marché local.
Une reconnaissance officielle d’un travail longtemps relégué au second plan
Dans son allocution, le Ministre Jean-Pierre Tshimanga a salué la résilience, la discipline et la maîtrise professionnelle de ces femmes dont les activités soutiennent, directement ou indirectement, des milliers de foyers congolais.
« Le Chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi, tient à moderniser la pêche artisanale et à soutenir celles et ceux qui nourrissent réellement la population. Ces femmes sont au cœur de cette mission nationale : produire, transformer et rendre disponible le poisson congolais, sain et accessible », a déclaré le ministre.
Il a rappelé que cette initiative s’inscrit dans la vision gouvernementale de structuration du secteur, consistant à transformer une pêche encore largement informelle en une activité artisanale organisée, productive et capable d’atténuer la dépendance du pays vis-à-vis des importations.
Le REDIC-AWFISHNET-RDC, catalyseur d’une visibilité institutionnelle
Sous la coordination de Madame Patricia Maisha, experte en gestion halieutique et présidente du REDIC-AWFISHNET-RDC, le réseau a réussi à faire émerger, dans l’arène publique, la figure de la femme pêcheuse et mareyeuse comme actrice économique incontournable.
La célébration, le 5 novembre dernier, de la Journée Internationale de la Femme Pêcheuse, pour la première fois en RDC, a ouvert la voie à cette reconnaissance désormais matérialisée.
« Ce don du ministère n’est pas seulement un geste matériel, c’est un acte politique fort. Il consacre la place légitime des femmes dans le développement durable du secteur halieutique », a affirmé Madame Maisha.
Elle a profité de cette tribune pour présenter au ministre les revendications prioritaires des femmes du réseau : la reconnaissance légale de leurs droits professionnels, leur participation aux instances de gouvernance du secteur, un accès équitable aux ressources aquatiques ainsi qu’un renforcement de leur protection sociale.
Vers un modèle de gouvernance participatif et inclusif
La collaboration entre le REDIC-AWFISHNET-RDC et le ministère de la Pêche et de l’Élevage ouvre désormais la voie à une approche nouvelle : un modèle de gouvernance participative où l’expertise citoyenne, particulièrement celle des femmes, devient un maillon essentiel de la modernisation de la pêche artisanale.
Le ministre Tshimanga Bwana a d’ailleurs réaffirmé son engagement à accompagner le réseau dans ses missions de formation, d’encadrement et de représentation des femmes à travers l’ensemble du territoire national.
La cérémonie s’est clôturée dans une ambiance festive. Chants, danses et acclamations ont ponctué cette journée qui fait date dans la construction d’une politique halieutique inclusive en RDC.
Par cette action, le gouvernement congolais confirme que la promotion de l’égalité de genre n’est pas un slogan, mais un levier stratégique de développement économique et social durable.
Bosco Kiaka
