A Kinshasa, la question de la Francophonie et de son leadership s’invite désormais au cœur du débat médiatique. La section congolaise de l’Union Internationale de la Presse Francophone a réuni, ce 27 mars, des professionnels des médias pour une session d’éclairage consacrée à l’élection du Secrétaire général de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF). Objectif : armer les journalistes d’une meilleure compréhension des enjeux liés à ce poste stratégique et les préparer à informer avec justesse l’opinion publique dans un contexte marqué par la candidature congolaise.
Face à la presse, le Professeur Mabiala Ma-Umba a détaillé les contours du processus électoral, le rôle du Secrétaire général ainsi que le fonctionnement global de l’OIF. Il a particulièrement insisté sur la nécessité d’une appropriation nationale de ces enjeux, à l’heure où la RDC compte une prétendante en lice.
« Il est important que l’opinion publique soit correctement informée sur ce qu’est la Francophonie et sur les enjeux liés à ce poste », a-t-il indiqué, rappelant que seuls les Chefs d’État sont appelés à départager les candidats.
Dans la foulée, il a dissipé certaines zones d’ombre, notamment sur la limitation des mandats, précisant que les textes de l’organisation ne fixent aucune restriction en la matière.
S’agissant des atouts de la RDC, il a tenu à recadrer le débat. Selon lui, l’élection repose d’abord sur les qualités individuelles des candidats. Toutefois, le poids démographique du pays, considéré comme le plus grand espace francophone, constitue un levier non négligeable. Dans cette dynamique, la candidature de Juliana Amato Lumumba est présentée comme portée avant tout par son profil et son parcours.
Prenant à son tour la parole, Apollinaire Langba Mbongi a mis en avant la responsabilité des médias dans la consolidation d’une information crédible autour de ce processus.
Il a rappelé que le Secrétaire général de la Francophonie incarne les valeurs fondamentales de l’organisation, notamment la démocratie, les droits humains et la diversité culturelle. Une fonction qu’il qualifie de hautement stratégique, en raison de son influence sur les orientations politiques et les programmes opérationnels, notamment dans les secteurs de l’éducation, de l’emploi des jeunes, du numérique et de la coopération internationale.
Pour justifier l’engagement de la RDC dans cette course, il a évoqué plusieurs facteurs, dont le poids démographique du pays, son positionnement géopolitique en Afrique centrale et la volonté affichée de contribuer à une Francophonie plus dynamique. Il a, par ailleurs, présenté Juliana Amato Lumumba comme une figure expérimentée, dotée d’un parcours solide en gouvernance et en diplomatie culturelle, capable de fédérer au-delà des clivages.
Sa vision s’articule autour de priorités telles que l’emploi des jeunes, la transformation numérique, l’entrepreneuriat, la transition écologique et le renforcement de la solidarité entre les États francophones.
Lors des échanges, les journalistes ont soulevé plusieurs préoccupations, notamment sur les démarches diplomatiques engagées par la RDC face à la concurrence d’autres pays.
Répondant à ces interrogations, Apollinaire Langba Mbongi s’est montré confiant quant à la stratégie déployée.
« La RDC ne peut pas lancer une candidature sans mobiliser les moyens nécessaires à sa réussite », a-t-il soutenu, évoquant une approche discrète mais structurée sur la scène internationale.
La question de l’absence d’un représentant personnel du Chef de l’État à la Francophonie a également été abordée. Sur ce point, les intervenants ont relativisé son impact sur la candidature congolaise.
Le Professeur Mabiala Ma-Umba a insisté sur le fait que cette démarche s’inscrit dans une réflexion mûrie, intégrant les réalités du contexte international actuel, qu’il juge favorable à un repositionnement de la RDC.
Les organisateurs ont exhorté les journalistes à assumer pleinement leur rôle : informer avec rigueur, déconstruire les approximations et contribuer à valoriser la place de la RDC dans l’espace francophone.
Jules Ntambwe
