Pour réussir à planter le décor du rétablissement de la paix en RDC, un plan de sortie de crise a été proposé à Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, Président de la République. Les Confessions religieuses ont élaboré une Feuille de route qui met en exergue des mécanismes courageux dont la tenue urgente d’un dialogue national inclusif. Les Eglises de la RDC estiment, en effet, que, face au danger de scission et, même, d’apocalypse, que représente l’occupation prolongée d’une partie du territoire congolais, du côté oriental, par le M23/AFC, poussé par l’armée rwandaise, seule une cohésion interne restaurée pourra éteindre le feu, dans la mesure où il sera question, dans le cadre précis de ce dialogue-là, d’apaiser les frustrations des uns et des autres, y compris ceux qui ont accepté de faire recours aux armes, de rebâtir la confiance autour des institutions étatiques et d’obtenir une mobilisation à grande échelle de la classe politique congolaise dans sa globalité.
Dans leur communication faite, lundi, au Centre interdiocésain de la Cenco, à la Gombe, les Confessions religieuses affirment avoir pris du temps à harmoniser les vues avec les membres du Cabinet du Chef de l’Etat autour du bien-fondé de leur démarche. Elles ont également assuré qu’une copie de leur Feuille de route élaborée a été transmise, en bonne et due forme, au Président de la République, Félix Tshisekedi, lui-même. ‘’A l’issue de plusieurs séances techniques d’harmonisation des vues avec le Cabinet du Chef de l’Etat sur le processus national et inclusif de paix en RDC, Nous, vos Pères spirituels, unanimement, avons soumis au Chef de l’État, conformément aux dispositions de l’article 69 de la Constitution, et { travers lui, { notre Peuple et { l’ensemble de la Nation, une Feuille de route pour une sortie holistique et durable du cycle tragique des conflits armés dans notre Pays, visant à restaurer la paix, la cohésion nationale, le vivre-ensemble ainsi que consolider l’Etat de droit démocratique’’, ont indiqué les Eglises, dans leur déclaration commune.
Feuille de route, quatre phases
La démarche des Confessions religieuses met en exergue l’importance d’un processus national et inclusif de paix en RDC. Une initiative courageuse qu’elles ont scindée en quatre phases indissociables. La première est intitulée le Mois de la paix et vise à marquer une transition stratégique entre le contexte de méfiance et le contexte d’acceptation mutuelle, créant un environnement propice de pré-dialogue. Dans cette phase, deux catégories d’activités y sont prévues : les activités spirituelles et les actions de plaidoyer. Il sera organisé un culte œcuménique national, officié simultanément sur toute l’étendue du territoire, y compris dans les zones sous contrôle de l’AFC/M23, en guise de rassemblement moral et spirituel autour de la paix. Ce moment solennel marquera, selon les Confessions religieuses, l’engagement collectif de la Nation en faveur du processus de paix, de réconciliation et de guérison de la mémoire collective.
La deuxième étape de leur Feuille de route porte sur le Dialogue des Experts. Il s’agit d’une phase stratégique destinée poser les bases rationnelles, objectives et techniques du futur Pacte social pour la Paix et le Bien-vivre-ensemble en RDC et dans la région des Grands-Lacs. Il permettra aux universitaires, aux intellectuels, aux chercheurs, aux penseurs, aux experts et aux techniciens nationaux et ceux de la diaspora, qui seront appelés sur la base de la pertinence de leurs œuvres scientifiques, ainsi que l’excellence de leurs expériences professionnelles fonctionnelles, d’apporter leur savoir à travers la mise en œuvre des solutions rationnelles, lucides et consensuelles aux termes des analyses des causes profondes de nombreuses crises qui ne cessent de crucifier le destin national congolais depuis l’indépendance du 30 juin 1960.
L’avant dernière marche du processus concerne le Dialogue politique. Point central de la Feuille de route des Confessions religieuses, ce dialogue comporte deux axes. Premier axe : obtenir le consensus des acteurs politiques et des Forces Vives de la Nation autour des différentes « Feuilles de route du redressement rapide et du développement accéléré de la République Démocratique du Congo », élaborées lors du « Dialogue des Experts », aux fins de constituer les « Piliers Fondateurs du Pacte Social pour la Paix et le Bien-Vivre Ensemble en RDC et dans la région des Grands-Lacs ». Et, comme deuxième axe : la tenue des assises politiques. D’après les Eglises, le défi de cet axe du « Dialogue politique » est de parvenir, dans le respect de la Constitution, à un compromis politique patriotique, privilégiant des solutions holistiques et durables aux causes profondes de la crise multiforme qui se perpétue en RDC depuis l’indépendance. La phase du dialogue politique réunira, dans un cadre technique structuré et sécurisé, l’ensemble des composantes majeures de la Nation, savoir :
- La majorité au pouvoir ;
- L’opposition politique non armée ;
- L’opposition armée ;
- La société civile ;
- Les autorités coutumières et traditionnelles ;
- La diaspora congolaise ;
- Les personnalités indépendantes ou influentes issues du monde académique, culturel, intellectuel et économique.
Comme quatrième et dernière étape, c’est la Conférence internationale sur la paix et le bien-vivre ensemble dans la région des Grands-Lacs.
Nous avons ensemble opté pour la mise en place d’un « Secrétariat Technique », dont le rôle, outre celui de la coordination opérationnelle générale du processus, en planifiant et en accompagnant techniquement toutes les activités de cette initiative, aura spécialement la charge d’élaborer les dossiers techniques et les outils stratégiques devant structurer la démarche de plaidoyer. Cette dernière phase se déroulera en deux volets. Concrètement, il y aura la Conférence internationale sur la paix et le bien-vivre ensemble dans la région des Grands-Lacs et la Conférence internationale sur le financement post-conflit de la reconstruction de la République Démocratique du Congo.
La Pros.
