Aussitôt nommée, la Première ministre, Judith Tuluka Suminwa, a entamé ses premières consultations. Le terrain a été déblayé par l’informateur qui a eu plus d’un mois de contacts avec la classe politique en vue d’en dégager la majorité. Contrairement au Sénégal qui a déjà un gouvernement, Tuluka devra encore prendre son temps.
Notre Loi fondamentale exige la procédure d’un informateur qui identifie la majorité parlementaire pour la formation du gouvernement. Il s’agit d’un régime semi-présidentiel. Tandis qu’au Sénégal, les choses sont allées beaucoup plus rapidement parce qu’il s’agit d’un régime présidentiel où le Président cumule avec la fonction du Premier ministre.
Pendant ce temps, la Première ministre consulte au Fleuve Congo Hôtel avant la remise-reprise avec son prédécesseur Sama Lukonde. Il y a nécessité de parer au plus pressé pour ne pas donner l’impression du partage du gâteau où chacun veut s’en tirer avec le gros morceau. Cette notion autour du poids politique ou encore la géopolitique depuis la nuit des temps, n’a pas permis à la RDC d’aller de l’avant. On a eu comme l’impression qu’on prend les mêmes et on recommence. Le pays tourne en rond.
La RDC a besoin, au moins avec une dame, de sortir des sentiers battus par des politiciens qui ont berné la République avec des gouvernements éléphantesques au nom du fameux principe du poids politique. Tout le monde veut y être. Le premier souci des Congolais, c’est de voir un gouvernement réduit par sa taille et son format surtout, pas budgétivore.
Aujourd’hui, deux impératifs : la guerre à l’Est et le social des Congolais. De tous les temps, c’est le peuple qui était appelé à serrer la ceinture au moment où les dirigeants se la coulaient douce. L’heure est venue pour la première femme à la primature de prouver qu’elle peut tracter les hommes de son gouvernement.
La réduction de train de vie des membres des institutions exigée dans les différents conseils des ministres, n’était plus qu’un slogan. Les tenants du pouvoir ont continué à s’enrichir ostensiblement au grand dam de cette population qui manque de tout. Ils ont continué à s’acheter des maisons et à rouler carrosse.
Il est nécessaire donc pour la Première ministre de signer la rupture en explorant l’inconnu. Elle est tenue de se passer de ces principes édictés par des politiciens égoïstes qui ne se préoccupent que de leurs intérêts personnels. La Première ministre doit se méfier de ces blablas des fanfarons de divers acabit pour entendre les voix meurtries des Congolais depuis les différents gouvernements mais surtout, de cette population de l’Est condamnée à l’errance.
La Pros.