Le 28 mars 1969, Mgr Joseph-Albert Malula est élevé aux honneurs cardinalices, devenant ainsi le premier Cardinal de l’Histoire de la RD Congo.
Ce jour-là, le Pape Paul VI, après avoir tenu un consistoire le 22 février de la même année, crée 27 nouveaux Cardinaux à travers le monde, parmi lesquels le Congolais Joseph-Albert Malula. Malula deviendra ainsi le premier Cardinal de l’Histoire de la RD-Congo.
S’il n’a pas été le premier cardinal noir, Mgr Joseph-Albert Malula a été l’un des pionniers de l' »africanisation » du catholicisme. Né le 11 décembre 1917 à Léopoldville (Kinshasa), d’une famille noble du Kasaï, il a été élevé par les missionnaires belges et fait toutes ses études, y compris celles de philosophie et de théologie, au Congo.
Le 9 juin 1946, Joseph-Albert Malula est ordonné prêtre. Il sera le premier curé noir de Kinshasa. Dès 1956, il signe avec des intellectuels catholiques un manifeste de la « Conscience Africaine » et prend position pour l’indépendance du Congo belge.
A 42 ans, il devient évêque du diocèse de Kinshasa (archevêché en 1964), avant qu’il ne soit nommé cardinal par Paul VI ce 28 mars 1969. L’indépendance zaïroise et le concile Vatican II (1962-1965), qu’il va suivre de bout en bout, vont faire de lui le porte-parole d’une large autonomie africaine dans la liturgie, la théologie et le fonctionnement de l’Eglise locale.
Bousculant les traditions, s’attirant de nombreuses inimitiés, à Rome mais aussi en Afrique, cet homme simple, peu expansif mais résolu, restructure dans les années 70 toute l’Eglise zaïroise. Il institue des ministères de laïcs (les fameux « bakambi ») pleinement responsables de l’animation des communautés chrétiennes, redécoupe le tissu paroissial en petites communautés de base et surtout, pendant vingt ans, il va militer pour la reconnaissance par le Vatican du « rite zaïrois », qui fait une large part aux danses, aux chants et aux habitudes culturelles africaines. La « messe zaïroise » finira par être reconnue par Rome en septembre 1988.
En 1972, à la suite d’un long conflit avec le Président Mobutu, le Cardinal Malula, fut contraint de s’exiler à Rome. Lors des messes célébrées à l’occasion de certaines circonstances et auxquelles les autorités politiques et les hauts cadres du pays venaient nombreux, le Cardinal Malula n’hésitait pas à dénoncer leurs injustices, leur égoïsme ainsi que la conduite peu recommandable de certains d’entre eux. Ce langage franc et sincère du pasteur déplaisait énormément aux autorités. En outre, la remise en question de certains aspects de la politique de l’authenticité prônée par le pouvoir en place n’était pas de nature à promouvoir l’entente entre l’Eglise et l’Etat.
En juin 1972, son exil prit fin et il rentra au pays. Pour dédommager l’Eglise de la résidence épiscopale confisquée, l’Etat zaïrois fit construire l’archevêché actuel. Le Cardinal Malula est décédé le 14 juin 1989 à l’âge de 72 ans, après un ministère épiscopat très fructueux.
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Benjamin Babunga Watuna/CP
