Moins de 48 heures après la signature, le cadre de paix entre Kinshasa et le M23, signé samedi à Doha, suscite à la fois espoirs et prudence au sein de la RDC et de la communauté internationale, mais surtout fait couler encre et salive.
Doha : un accord-cadre, pas encore la paix
Le document signé à Doha n’est pas un traité définitif, mais une feuille de route pour structurer les négociations à venir. Il contient huit protocoles, dont deux déjà paraphés : la vérification du cessez-le-feu et l’échange de prisonniers.
Benjamin Mbonimpa, négociateur du M23, le précise : « Aucun changement sur le terrain ne sera visible tant que les autres protocoles ne seront pas finalisés. »
Réactions officielles : entre encouragement et prudence
Le gouvernement congolais parle d’une « étape décisive vers une paix juste et durable », soulignant la priorité aux populations vulnérables, femmes et déplacés inclus.
Les médiateurs qataris, ainsi que les États-Unis et l’Union africaine, ont salué la signature tout en rappelant que le suivi et l’application concrète du cadre seront déterminants pour éviter l’échec.
Le Président français Emmanuel Macron a salué l’accord : « Une véritable ouverture pour la paix et une lueur d’espoir pour tous, après tant de souffrances. »
Des avis mitigés sur le terrain et à l’international
Si l’annonce fait naître un souffle d’espoir, plusieurs défis demeurent :
- La réinsertion des combattants, la justice transitionnelle et l’accès humanitaire restent à définir.
- La confiance entre Kinshasa et le M23 est encore fragile, rendant le suivi indépendant essentiel.
- Les populations de l’Est de la RDC expriment à la fois espoir et scepticisme, attendant des résultats concrets sur le terrain avant tout optimisme.
La signature du cadre à Doha constitue un jalon diplomatique historique, mais le vrai test reste la mise en œuvre effective. Pour les habitants de l’Est congolais, exposés depuis longtemps au conflit, seule la transformation de ce cadre en actions concrètes déterminera si l’accord marque le début d’une paix durable ou s’il restera une promesse sur le papier.
Zabulon Boji
