Dans le débat autour du projet de révision ou du changement de la Constitution en République démocratique du Congo, l’avis des évêques de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) était très attendu. Les prélats catholiques tirent, de ce fait, la sonnette d’alarme en appelant toutes les parties à la prudence.
La Cenco commence par saluer Tshisekedi qui a affirmé à Kisangani qu’il n’a pas l’intention de prolonger son mandat avant de fustiger les discours développés par certains membres de la majorité présidentielle estimant que leurs voix pourraient influencer négativement le souhait d’un changement réfléchi et serein.
Le Chef de l’Etat a laissé entendre, en outre, que ce n’était pas une urgence. Les Evêques de la Cenco restent, cependant, convaincus que l’avenir politique du pays semble suspendu à des décisions cruciales.
L’Eglise catholique vient, à ce stade, jouer au sapeur-pompier entre le camp du parti présidentiel qui semble faire de cette question une urgence et l’opposition qui refuse, catégoriquement, toute initiative en rapport avec la révision ou le changement de la Constitution. C’est en cela qu’il s’impose la nécessité d’un consensus de la classe politique. Seul le dialogue autour de la question pourrait calmer les ardeurs des uns et des autres.
Penser à un forcing ne serait pas de nature à calmer les esprits mais plutôt à mettre de l’huile au feu. Il est vrai qu’une Constitution conçue par les Congolais en toute indépendance d’esprit, permettra d’apaiser tout le monde. Les griefs contre l’actuel texte de la Constitution, quoique fondés, doivent être abordés sans passion politique afin de doter le pays d’un texte impersonnel mais non taillé sur mesure.
Les signaux de prudence émis par les catholiques doivent inspirer tout le monde surtout, les autres églises de la composante confessions religieuses qui trouvent plaisir à se désolidariser des autres pour agir en solo en leur bénéfice. L’heure est grave. C’est l’avenir de la nation qui est enjeu.
Un sens de compromis autour de la Loi fondamentale, permettra à la RDC de mettre fin à beaucoup de rumeurs pyromanes distillées dans certains états-majors politiques. Il faudra reconnaitre que même au sein de la Cenco, les Evêques ne sont pas tous pour ou contre ce débat autour de la Constitution. C’est le consensus trouvé qui fait que tout le monde adhère à l’option levée. Cette attitude des prélats catholique doit également inspirer les politiques dans le sens de privilégier l’intérêt supérieur de la nation.
La Pros.