Jour après jour depuis l’instauration de la Journée mondiale de la liberté de presse le 3 mai de chaque année, les professionnels des medias ne cessent de dénoncer des crimes enregistrés dans l’exercice de leur profession. Ils appellent, de ce fait, à la reconnaissance des journalistes assassinés au rang des martyrs et à l’application de la loi à l’encontre des coupables. C’était l’objectif de la conférence qui a eu lieu jeudi 9 mai dernier au Centre Carter. Organisée par Mme Grâce Ngyke Kangundu, Coordonnatrice de l’association congolaise des femmes journalistes de la Presse Ecrite (ACOFEPE), cette journée a connu la participation du Centre Carter.
Ensemble avec ACOFEPE, le Centre Carter s’est levé pour parler des journaliste-défenseurs des droits de l’homme tués pour leur devoir patriotique à la Nation. Curieusement, leur disparition semble être négligée à ce jour. L’association congolaise des femmes journalistes de la Presse Ecrite (ACOFEPE), est venue remettre de l’huile au feu afin que la justice puisse mettre la main sur les coupables avant d’honorer ces héros à leur juste valeur.
Franck Ngyke, Louis Bapuwa, Serge Maheshe, Pascal Kabungulu, Patience Chebeya, Bruno Koko, Papy Mumbere, Kennedy Mumbere, Patrick Kikuku, Pius Manzikala, Robert Chamwani, Kayilu Mutombo, Bira Bwalitse, Barthelemy Changamuka, Kambale Musonia, Pierre Kabeya, Marcel Kalala, Magloire Belmonde, Adolphe Kavula, Akite Kisembo, Didace Namujimbo, Soleil Balanga, Okite Kisembo et tant d’autres , sont des journalistes assassinés dont les images ont été projetés à l’écran en expliquant au cas par cas les conditions dans lesquelles ils ont été assassinés.
Les cas comme celui de Mr Okite Kisembo, jeune journaliste porté disparu depuis le 3 juillet 2003 à Bunia, dans la province de l’Ituri ; Kitembo avait été enlevé par un groupe de miliciens de l’UPC (Union des patriotes congolais de Thomas Lubanga) pendant l’opération militaire française appelée «Artémis» ; Mr Adolphe Kavula, journaliste tué le 12 novembre 1994, très probablement à la suite des tortures subies dans les geôles des services de sécurité de Mobutu à Kinshasa et son cadavre a été abandonné à Kasangulu dans la province d’ex- Bas-Congo. Mr Pierre Kabeya, tué le 8 juin 1994 à Kinshasa, a été retrouvé couvert par son journal dans un caniveau près du camp Loano de Kinshasa/Kintambo. Mr Soleil Balanga, journaliste décédé le jeudi 16 avril 2015. Il a été attaqué violement à l’aide d’un couteau par un individu présenté comme le fils du superviseur de l’hôpital général de Monkoto qui lui a tranché la gorge.
L’ACOFEPE lutte pour la reconnaissance nationale de ces journalistes comme des martyrs ayant accepté de servir le pays jusqu’au sacrifice suprême. Grâce Ngyke Kangundu a témoigné avoir plaidé pour la cause de ses martyrs de la presse sans résultat probant au niveau international et national. Elle entend poursuivre son combat
Le centre Carter « CARTER CENTER », est une action américaine active dans la promotion du droit mémorial des décès. Il est aussi en lien avec les droits des femmes, la protection des défenseurs des droits de l’homme, la protection des journalistes etc. Il accompagne les structures de lutte pour la promotion des droits de l’homme, la liberté de la presse en tant que l’un des piliers de développement d’un pays, le Centre Carter s’implique à accompagner les journalistes en RDC, ils sont des grands défenseurs des droits de l’homme, a expliqué le représentant du Centre Carter en RDC.
Abed-négo Ibanda
