L’histoire semble se répéter plus d’une vingtaine d’années après l’accord de Sun City. En effet, après avoir épuisé tous les délais en vue d’un compromis dans le cadre du dialogue intercongolais, la facilitation avec les experts de la Communauté Internationale, ont imposé aux différentes délégations le système 1+4 pendant la transition avant les élections générales de 2006.
Aujourd’hui encore à Doha, la délégation de Kinshasa et celle de Goma ne sauront nullement échapper au diktat de la médiation comme ce fut le cas avec l’accord de Washington. Il était prévu l’instauration d’un cessez-le-feu avant de signer, hier dimanche 17 août, un accord global de paix comme convenu dans la Déclaration de principes du 19 juillet. Entretemps, le 8 août devrait s’ouvrir les pourparlers entre les deux parties sous la médiation du Qatar et des USA tandis que la mise en œuvre des engagements, dès le 29 juillet.
Après avoir épuisé toutes les échéances, la médiation a été obligée de proposer un projet d’accord de paix en le soumettant à la délégation de Kinshasa et celle de l’AFC/M23 avant un nouveau calendrier aménagé pour reprendre les discussions. Il nous revient d’apprendre que le message de fermeté de la facilitation a été bien captée par les parties concernées.
Pour rappel, les discussions achoppent, entre autres, sur la question des prisonniers. Goma aurait demandé à Kinshasa de libérer immédiatement plus de 700 détenus avant de reprendre les négociations. Kinshasa n’a pas cédé à ces préalables estimant que la question devait se négocier autour d’une table. Il privilégierait une amnistie au cas par cas.
Entretemps, il a été observé une montée de tensions sur les différents fronts. Washington et Doha ont condamné cette reprise des combats alors qu’il y a un processus de paix en cours. Dans un message publié ce vendredi 15 août dernier sur son compte X, Massad Boulos, Conseiller principal du Président des Etats-Unis pour l’Afrique, a appelé toutes les parties à respecter le cessez-le-feu en ces termes : «Nous avons besoin de coopération et d’un leadership fort pour assurer une mise en œuvre robuste et réussie de l’accord de paix», avant d’ajouter que la violence compromet les progrès vers la paix et la prospérité.
La médiation n’ignore pas que l’instabilité à l’Est congolais dure depuis plus de trois décennies. Des plans allant jusqu’à concocter la balkanisation de cette partie de la RDC, ont été boutiqués dans certaines officines. Les processus de Doha et de Washington sont tombés comme un couperet bouleversant les différentes prévisions alors que certains pays de l’Afrique de l’Est tiraient déjà profit de l’exploitation illicite des gisements miniers congolais.
La Pros.