La semaine qui s’achève a été d’une grande révélation au sujet de la gestion de la chose publique de la République Démocratique du Congo. Nicolas Kazadi, ex- ministre des finances et haut cadre de l’UDPS à travers l’émission présentée par notre consœur Paulette Kimuntu Kimpiob, l’ancien argentier a révélé la monstruosité de la gestion catastrophique des finances du pays, par les hommes du régime de Monsieur Félix Antoine Tshilombo Tshisekedi.
Fallait-il encore que le procureur ouvre une action judiciaire contre Nicolas Kazadi ou devrait-il seulement se limiter aux aveux de ce dernier ?
C’est toute la question. Sinon, les voix se sont élevées pour que les complices qui se partagent l’argent des projets soient connus, jugés, condamnés non pas à la prison à vie, mais, à la guillotine. Trop c’est trop ! On ne saigne jamais les finances de la chose publique de cette manière, s’indignent certains compatriotes.
La question qui reste à poser est celle de savoir : Nicolas Kazadi a-t-il menti ?
De son influence dans la famille biologique du Chef de l’Etat, de sa proximité politique avec l’UDPS, de ses amitiés avec Monsieur Félix Antoine Tshilombo Tshisekedi, de la confiance faite de lui Ministre des finances. Il y a lieu de conclure que l’homme connait beaucoup. La seule chose que l’opinion tant nationale qu’internationale attende de la justice congolaise : c’est de nous établir la liste de tous ceux qui se partageaient ou se partagent l’argent des projets à intérêt national.
Nous avions dit, nous avions tonné : les projets inaugurés par cette administration sont l’œuvre de Joseph Kabila. L’ancien Chef de l’Etat avait la passion de ce grand Congo en initiant des projets à impact visible : conception, élaboration, planification, programmation, chronométrage et financement.
Il y a lieu d’indiquer à titre illustratif les deux grands programmes et/ou projets : Les cinq chantiers ; la Révolution de la modernité. Oui ! Aux travers ces projets, les infrastructures ont poussé de la terre ; les routes ont été élargies, les hôpitaux reconstruits et équipés ; les écoles reconstruites et équipées, les universités construites, les stades municipaux modernisés ; les aéroports équipés et modernisés. Oui ! Ce sont des faits vérifiables et incontestables, mais combattus par l’opposition d’hier incarnée par l’UDPS. Oui ! Le contrat chinois qui était une forme de troc des infrastructures en échanges de nos minerais a été énergiquement combattu contre le bonheur de tout un peuple. Aux affaires, l’UDPS déconstruit ce qui a été construit par Joseph Kabila.
Oui ! Le clou s’est enfoncé davantage avec la sortie médiatique du chien de garde Jules Alingete. Aligator pour ses intimes. L’ancien IGF lance une fatwa qui va dans le même sens que les propos de Nicolas Kazadi : les millions, les milliards de dollars américains sont volés dans le Grand Katanga. Il lâche : Je ne vous citerai pas toutes les provinces où l’on a volé de l’argent. Plus de 200 millions de dollars ont été volés dans le Lualaba, dans le Tanganyika on a volé des millions, dans le Haut Lomami on a volé de l’argent. Nous irons en justice, qu’on nous prête oreille, dans le Haut Katanga la même chose, il y a eu des problèmes ; à l’Equateur l’argent de la construction du gouvernorat de Mbandaka a été détourné ici à Kinshasa, ils se sont achetés des maisons ici au quartier GB.
Faudrait-il au Procureur de la République près la Cour de cassation quelle autre gymnastique pour qu’il ait un procès en flagrance ? Pourquoi ce silence devant ces aveux de deux personnalités influentes du régime actuel ayant d’une part géré les finances de la République et d’autre part un cogestionnaire des finances publiques de la République à travers le contrôle à priori et le contrôle à posteriori ?
Quelle est la différence des propos tenus en son temps par Jean Marc Kabund A Kabund qui lui ont valu la prison, et ceux tenus par Nicolas Kazadi et Jules Alingete ?
Ne devons-nous pas fait une pause, nous questionner sur le mode de gestion actuel de la République ?
Les opinions sont d’avis, si procès public et la liste de tous ceux qui ont participé au détournement de deniers publics ne sont pas médiatisés, jugés en procédure de flagrance, rien ne nous retiendrait de conclure que parmi les bénéficiaires de millions de dollars destinés aux projets, les hommes du pouvoir judiciaire ne sont pas épargnés. Les congolais veulent savoir l’issu de ce scandale financier du siècle. Si quatre provinces ont détournés plus de 200 millions, combien sont dans les poches des hommes aux institutions budgétivores dont le dépassement budgétaire s’élève à 190,99%. Il y a lieu d’indiquer qu’en 2002, la Présidence de la République a coûté au trésor public en dollars américains 522.765,832 sur une prévision de dépenses chiffrée à 273.712,080 dollars américains soit un taux d’exécution de 190,99%. Dans la même année, le cabinet du Président de la République comptait 1096 membres, une année plus tard, la présidence comptait 1162 membres. Et le budget de la Présidence dans la loi de finances 2023 s’élevait en dollars américains à 275.263,139. En revanche, la Présidence congolaise disposait d’abord d’un budget de 264.150,298 dollars américains avant de connaitre une hausse de 303.390, 745 dollars américains dans la loi de finances rectificative.
En guise de conclusion, la présidence de la République Démocratique du Congo bénéficie, dans les trois exercices budgétaires examinés, des allocations budgétaires largement supérieures à celles allouées à la présidence française : 7ème puissance économique mondiale.
Est-ce que nous aimons réellement ce grand Congo ? Au regard des chiffres consommés dans les institutions de la République, face à l’absence des routes dans la capitale congolaise en pleine 21ème siècle, il y a lieu d’interroger l’importance de la justice, elle qui assure le Droit, l’équité et la légalité.
Pour revenir au scandale du siècle, tout n’a pas commencé avec Nicols Kazadi. Les procès fictifs ont été simulés dans le but de blanchir les pères de familles, des collaborateurs loyaux, tandis que le juge Yangi s’en est allé. Ouf ! Mon Congo.
Voici, en quelques lignes comment la République a été saignée à blanc et continue à être saignée sous silence. Ce tableau a été élaboré par notre consœur Paulette Kimuntu, journaliste indépendante :
Détournements à ciel ouvert par les dirigeants congolais depuis 2019
Tout avait commencé avec les 15 millions de rétro commission de Vital Kamerhe.
600 millions (100 jours)
57 millions (maisons préfabriquées)
324 millions (Francophonie)
102 millions (Tshilejelu)
300 millions (COVID)
600 millions (RAM)
14 millions (construction des pyramides à MBUJI Mayi)
10 millions (Gécamines)
32 millions (Kinshasa zéro trou)
25 millions (route kana-Mbuji)
300 millions (forages)
13 millions (lampadaires)
3 millions (Sénat)
70 millions (Société Cominière)
25000 dollars (ISTM Maniema)
250.000 (Gouvernorat Tanganyika)
400.000 (ministère de l’enseignement)
90,2 millions (Achat de 14 bus et 12 minibus pour l’AN)
14 millions pour la construction de 3 écoles et 3 hôpitaux à Mbuji Mayi
200 millions 3 drones
440.000 milles Hôtel à MUNICH
115 millions ARENA
80 millions bâtiment IGF
242 millions de 145 territoires
17 millions d’études de faisabilité de chemin de fer Kinshasa-Banana
10 millions (Construction des centres de formation professionnelle)
200 millions (Achat 4 drones)
114 millions achat 2 Soukhoï
26 millions (projet poisson NAMIBIE)
697 millions (Projet carte d’identité ONIP)
70 millions (Assistance victime de guerre Est)
32 millions (EPST / impression bulletins)
90 millions (projet de mine de Kamfundwa)
200 millions (impôt à Kamoa au Lualaba)
5000 dollars (DG Metelsat)
300 millions (Achat d’armes par la maison militaire)
430 millions (Pour les mercenaires, voir maison civile)
100 millions pour doter la RDC d’un satellite
722 millions d’achat d’armes (Ministère de la défense et anciens combattants et État-major général)
Faites les calculs…
Pour NICOLAS KAZADI tout cet argent a été partagé entre les responsables de ces projets avant de les démarrer car aucun d’eux n’a abouti.
Ici Monsieur Constant MUTAMBA ne dit rien?
Somme toute, les opinions sont avis qu’il y a bel et bien détournement lorsqu’on se réfère aux propos de quelques personnalités :
Nous sommes nombreux aux côtés du Président Félix Tshisekedi. Nous sommes des voleurs. Plusieurs projets financés en faveur du Kasaï Oriental n’ont pas eu de l’impact positif sur la vie de la population de la province à cause de ces voleurs autour du Chef de l’Etat Félix Tshisekedi
La gestion du Président Tshisekedi, en 4 points selon ses proches (anciens) collaborateurs !
1/ Nicolas Kazadi – Ministre des Finances honoraire : @nskazadi
« Nous aimons trop la jouissance. Nous commençons par partager l’argent des projets, puis nous réfléchissons après.»
2/ Jean-Marc Kabund A Kabund Ancien vice-président de l’Assemblée nationale :
«L’incompétence notoire, la mégestion institutionnalisée, caractérisée par la jouissance et la prédation au sommet de l’État. Le détournement et la corruption sont devenus le mode d’exécution des projets. Tous les échecs sont imputés aux autres.»
3/ Fortunat Biselele, Ex-conseiller spécial : En mission à Kigali, porteur du message du président Tshisekedi…
«J’ai des minerais chez moi, vous avez le carnet d’adresses pour contacter les investisseurs partout dans le monde. »
Nous en appelons à la justice de faire restituer à la République son argent. Il y a une inadéquation entre la folie des ressources minières et la pauvreté des congolais. Seule la justice qui élève la Nation peut nous laver de cet opprobre.
Nos défaillances morale et politique deviennent des normes en République Démocratique du Congo et l’on considère que c’est devenu normal au point d’affirmer que la rétrocommission sous d’autres cieux c’est de la corruption, tandis qu’en République Démocratique du Congo c’est normal. D’où, les politiques ne veulent pas de la justice dans ce pays parce qu’il y a une justice à la carte, celle de dédouaner les amis et copains…
La République des voleurs !
Pius Romain Roland