Suite à la proposition de l’opposant Martin Fayulu de créer un Camp de la Patrie pour faire face à la crise en République Démocratique du Congo, la Sénatrice honoraire Francine Muyumba a vivement réagi, hier lundi 9 juin 2025, qualifiant cette initiative de « camp de l’exclusion’’. Dans une déclaration publique, elle oppose une vision radicalement différente de ce que devrait être un véritable sursaut national, accusant la démarche de Fayulu de servir des intérêts partisans plutôt que ceux du peuple congolais.
Pour Francine Muyumba, la proposition de Martin Fayulu est déconnectée des réalités et des aspirations profondes du peuple congolais. Elle estime que le « Camp de la Patrie », tel qu’il est présenté, ne peut en aucun cas être une tribune au service d’intérêts individuels ou partisans ou une simple opposition en quête de légitimité. Selon elle, une telle initiative devrait incarner une volonté sincère et responsable de s’attaquer aux problèmes structurels qui gangrènent l’Etat congolais, à l’instar des divisions entretenues, la haine ethnique encouragée, la pauvreté endémique, les détournements de fonds publics et la mauvaise gouvernance.
Muyumba appelle de ses vœux une opposition « constante, cohérente, crédible et non versatile », entièrement consacrée à la défense des intérêts du peuple, et non à une « quête effrénée de positionnements personnels ».
En opposition directe à la proposition de Fayulu, Francine Muyumba définit les contours de ce que serait, selon elle, un véritable Camp de la Patrie. Ce dernier doit être un mouvement sincère et inclusif qui : rassemble sans exclure et prône une unité véritable, fondée sur la vérité, la justice et l’équité ; refuse la soumission, non seulement face aux menaces extérieures, mais aussi face aux « trahisons internes, à la corruption et aux violations répétées de la Constitution » ; dénonce toutes les formes d’injustice, y compris l’inaction ou l’incapacité des gouvernants et de certains opposants à proposer des solutions concrètes ; rejette la haine tribale et tous les discours qui alimentent la division au sein du peuple ; interpelle sur l’état de l’ensemble du pays, soulignant que « ce n’est pas seulement l’Est qui souffre, c’est tout le Congo qui est en crise ».
S’adressant directement à Martin Fayulu, Francine Muyumba affirme que sa proposition ne relève « ni du respect scrupuleux de la Constitution, ni d’une expression authentique de la volonté populaire ». Elle soutient que les véritables menaces de balkanisation ne sont pas seulement extérieures, mais qu’elles ‘’résident aussi dans notre incapacité collective à garantir la bonne gouvernance, la paix, la justice, et le respect de nos propres textes fondamentaux’’.
En définitive, Francine Muyumba définit le véritable Camp de la Patrie comme étant celui du peuple. Elle le décrit comme un camp ouvert, inclusif, centré sur des solutions concrètes, et porté par une vision claire de redressement national. Pour elle, un tel mouvement ne doit trahir ‘’ni les idéaux de la Constitution, ni les espoirs d’un peuple qui a déjà trop souffert’’. Sa réaction constitue une critique de fond, repositionnant le débat sur la nécessité d’une refondation morale et politique qui s’attaque aux maux internes du pays avec autant de vigueur que les menaces externes.
Nathan Mundele
