Le déguerpissement de la population de Pakadjuma à Kinshasa était au cœur de l’audience entre le Ministre des Droits Humains, Me Samuel Mbemba Kabuya, et un collectif de députés nationaux de Mont-Amba, représenté par les Honorables Dorothée Madiya et Eyanga Mboyo Venance. En leur qualité d’élus nationaux, ces deux personnalités ont exposé les conditions de précarité auxquelles les populations de ce quartier périphérique sont confrontées après l’action de l’Hôtel de Ville de Kinshasa visant à donner la plénitude de l’occupation de l’espace à la Société Congolaise de Transport et Ports (SCTP), dans le cadre du programme de la remise en circulation des trains urbains pour décongestionner la ville de Kinshasa.
Durant plus d’une heure, les trois personnalités ont passé en revue la situation de ces populations, soulignant l’importance du respect des droits humains, quoi que, sur le plan juridique, cette action soit valable.
À en croire le Ministre Samuel Mbemba, une piste de solution est envisagée et sera sans doute débattue à la prochaine réunion du Conseil des Ministres.
‘’J’ai reçu les Députés Nationaux élus de la circonscription de Mont-Amba, qui sont venus m’entretenir sur la situation de Pakadjuma, où les populations qui habitent le site appartenant à l’ONATRA sont en train d’être déguerpies. C’est un programme exécuté par la Ville de Kinshasa, mais il y a des effets collatéraux. Des hommes, femmes, enfants et les personnes vulnérables qui vont se retrouver dans la rue du jour au lendemain. Les Députés demandent les mesures prises par le Gouvernement pour encadrer le ce programme. Nous avons été en conférence avec le VPM de l’Intérieur et la Ministre d’Etat aux Affaires Sociales. Ensemble, nous nous sommes dit que l’affaire doit être débattue au Conseil des Ministres. Mais sur le plan juridique, il s’agit d’une occupation illégale et il ressort de l’étude de ce dossier à notre disposition, que les occupants avaient été mis en demeure par l’ONATRA depuis 12 mois, et la Ville, dans le cadre de travaux, depuis 6 mois. De notre côté, nous allons attirer l’attention des exécutants de ce projet sur les droits humains. Il ne faudrait pas que les biens des personnes déguerpies soient détruits. Un délai de deux mois s’avère nécessaire pour leur retrait effectif de ce site’’, a indiqué Me Samuel Mbemba.
Les deux Députés de la ville de Kinshasa n’ont pas manqué de remercier le Ministre des Droits Humains pour sa promptitude et son implication en faveur de ces populations.
‘’Au nom de nos électeurs, nous remercions le Ministre des Droits Humains pour sa disponibilité, car il nous a reçu en urgence compte tenu de la situation’’, s’est exprimée la Députée Dorothée Madiya.
Il sied de noter que, dans l’exercice de ses fonctions, le Ministre des Droits Humains a pour mission principale de veiller à la promotion et à la protection des droits des Congolais. Dans le cas d’espèce, il n’intervient pas pour condamner les actions menées par la Ville de Kinshasa, mais plutôt pour réfléchir aux mesures d’encadrement de ces populations, quoiqu’occupant illégalement le site.
La Pros.
