«Amis partenaires, frères africains, les Congolais n’ont pas le droit à de vraies élections ? Dites-moi dans quel pays au monde l’on retrouve des machines à voter entre les mains des candidats du pouvoir et on se précipite à proclamer et à féliciter un vainqueur aux élections ? Dites-moi le nom de ce pays ? Citez-moi un seul pays au monde où l’on décide de prolonger la période des élections de 11 heures à 6 ou 7 jours et on se précipite ensuite à féliciter le vainqueur ? Citez-moi un seul pays dans le monde où le vainqueur sur base de bureaux de vote de machines à voter dont on ne connaît même pas le nombre au jour de l’élection» ? Une série de questions que se pose Moïse Katumbi Chapwe, candidat à la présidentielle du 20 décembre dernier, dans une adresse à la Nation le 3 janvier dernier. Il a, par ailleurs, souligné que personne ne peut s’ériger en complice de cette fraude électorale.
Pour lui, rien n’est fini, tout est encore possible. «Ce nouveau Congo, nous avons droit et nous ne laisserons à personne le droit de briser le rêve que nous avons de bâtir ensemble», a-t-il rassuré.
Il a promis de ne jamais abandonner tous ceux qui ont porté leurs suffrages sur lui avec espoir de bâtir ensemble un Congo nouveau. Il a, pour ce faire, invité toutes les forces sociales et politiques éprises de liberté à un sursaut citoyen en vue de sauver la démocratie congolaise qui est devenue plus qu’une priorité.
«Raison pour laquelle je vous demande de ne pas baisser les bras, de ne pas céder au découragement ou au pessimisme, mais bien au contraire de reprendre la marche que nous avons engagée ensemble », a-t-il lancé.
Et de renchérir : « Peuple congolais, tenons bon ! Restons mobilisés ! Le temps de l’action est venu. Par des actions pacifiques démocratiques, nous allons résister et reconquérir notre droit le plus légitime, celui de faire échec à la fraude et de reprendre en mains notre destin avec les dirigeants de notre choix », a-t-il conclu.
Lire ci-dessous, l’intégralité du discours de Moïse Katumbi.
Hénoc Akano
Adresse à la Nation de Moïse Katumbi Chapwe à l’issue de la publication des résultats provisoires de la présidentielle de décembre 2023
Mes chers compatriotes,
A l’aube d’une nouvelle année, je vous souhaite à chacun de vous une bonne et heureuse année 2024 ! Qui dit année nouvelle, dit résolutions personnelles. Nous venons de vivre ensemble une histoire qui nous lie à jamais. Je vous remercie tous pour la grande confiance que vous m’avez manifestée tout au long de la campagne où nous avons pu nous parler et dresser des plans d’avenir. Je remercie tous mes alliés pour leur soutien. Je vous remercie tous pour le vote massif que vous m’avez accordé. Au cours de nos rencontres, j’ai constaté que nous voulions tous un avenir meilleur pour nos familles, nos enfants. La sécurité pour tous, la santé, les écoles, l’eau, l’électricité, des routes, des ponts, des bacs, de l’emploi, les salaires décents, un logement. Toutes ces choses simples qui devraient faire la dignité de tout Congolais, nous en rêvons.
Je n’ai pas oublié les espoirs que vous avez placés en moi. Je n’ai pas oublié non plus vos exigences sur les qualités de celui qui gouverne notre pays. Vous me l’avez clairement exprimé. Vous voulez que le pays soit dirigé par des hommes intègres, vertueux, ayant le sens de la justice et du bien commun. Vous exigez qu’on vous rende compte et qu’on vous associe plus étroitement à la gestion du pays tant au niveau national, provincial que local. Lors cette campagne, j’ai pris vis-à-vis de vous un engagement. Celui de changer le Congo. Je n’entends pas le trahir.
Depuis le braquage électoral du 20 décembre dont nous sommes tous victimes, nous vivons une énième usurpation de notre souveraineté. De partout, j’entends monter des cris d’indignation, des cris de contestation, des cris de colère, des cris d’exaspération. Au mépris de l’expression populaire, un régime issu de la fraude, de la tricherie et du fait accompli veut s’imposer à nous. Il n’en sera jamais question. Absolument jamais. A l’aube de cette année nouvelle au cours de laquelle nous aspirons à la paix, à la sécurité, à la stabilité et au développement, nous savons tous que nous ne pourrons jamais bâtir une Nation apaisée et tisser les liens du Vivre ensemble sur le mensonge, la fraude et la tricherie. Nous ne pourrons jamais bâtir un pays, un Etat, une Nation sans retrouver notre fierté qui appelle à pouvoir choisir librement nos dirigeants. Le serment de liberté que nous ont légué les pères fondateurs, repose sur le lien sacré qui doit exister entre le peuple congolais et ses représentants. Tromper notre peuple ne fait qu’aggraver la lancinante crise de légitimité qui perdure dans notre pays et nous fait passer à côté de grands espoirs.
Mes chers compatriotes,
A vous tous qui avez porté vos suffrages sur moi, à vous tous, qui savez qu’ensemble un nouveau Congo est possible, je vous fais le serment de ne jamais vous abandonner. Nous entrons aujourd’hui dans une autre phase de notre quête pour la liberté. Nous devons ensemble soustraire notre pays des mains de la prédation, de la corruption, de la gabegie et de toutes les injustices. C’est pourquoi, avec d’autres compatriotes, avec les forces sociales et politiques éprises de liberté, un sursaut citoyen est nécessaire. Sauver notre démocratie est devenu plus qu’une priorité. C’est un devoir ! Et je ne faillirai pas à mon devoir citoyen. Raison pour laquelle je vous demande de ne pas baisser les bras, de ne pas céder au découragement ou au pessimisme, mais bien au contraire de reprendre la marche que nous avons engagée ensemble. Parce que rien n’est fini, tout est encore possible et ce nouveau Congo, nous y avons droit et nous ne laisserons à personne le droit de briser le rêve que nous avons de bâtir ensemble. Notre Constitutions nous invite à nous opposer à tout groupe d’individus qui veut prendre le pouvoir et s’y maintenir en dehors de la volonté du peuple congolais. Pour notre dignité et l’avenir de nos enfants nous sommes tenus de souscrire à tous les moyens qu’elle met à notre disposition pour refuser la fraude et l’installation de la dictature. Peuple congolais, tenons bons ! Restons mobilisés ! Le temps de l’action est venu. Par des actions pacifiques démocratiques, nous allons résister et reconquérir notre droit le plus légitime, celui de faire échec à la fraude et de reprendre en mains notre destin avec les dirigeants de notre choix.
Amis partenaires, frères africains,
Les Congolais n’ont pas le droit à de vraies élections ? Dites-moi dans quel pays au monde l’on retrouve des machines à voter entre les mains des candidats du pouvoir et on se précipite à proclamer et à féliciter un vainqueur aux élections ? Dites-moi le nom de ce pays ? Citez-moi un seul pays au monde où l’on décide de prolonger la période des élections de 11 heures à 6 ou 7 jours et se précipite ensuite à féliciter le vainqueur ? Citez-moi un seul pays dans le monde où le vainqueur sur base de bureaux de vote, de machines à voter dont on ne connaît même pas le nombre au jour de l’élection ? Personne ne peut s’ériger en complice de cette fraude électorale.
Que vive la République Démocratique du Congo, unie, libre et prospère !
