Il était là en 1982, au début de l’aventure «Le Potentiel» signée Modeste Mutinga Mutuishayi. Il était également là en octobre 2022 lors de la célébration du 40ème anniversaire du journal, appelé autrefois « journal rouge ». Il était encore là, pas plus tard qu’au mois de février 2024, avec le pari réussi de la relance de «Le Potentiel Magazine». Le deuxième numéro était en chantier. Alors que j’attendais, après avoir signé un article dans le premier numéro, une orientation de sa part pour un nouvel article, c’est plutôt la nouvelle de sa mort qui me parvient. Ma relation avec lui était toujours d’élève à maître, même si à un moment donné je me suis retrouvé au summum de « Le Potentiel ». Comprenez mon émotion !
Il, c’est Kankonde Dambu Ben Clet. Une légende, toute une école au journal «Le Potentiel». Il l’a vu naître et a cheminé avec lui pendant 40 ans, jusqu’au moment où il a tiré sa révérence. De nature calme, réservé, l’homme aux borsalinos et bretelles était très rigoureux quand il s’agissait du boulot. Il aimait la discipline. Il était très regardant, perfectionniste et très allergique à la moindre faute. Quand nous rédigions encore au stylo, sa préférence était le rouge qui faisait saigner nos papiers, pour nous les débutants dans les années 90. Je suis passé sous ses fourches caudines et je sais de quoi je parle.
Ben Clet était aussi très amusant. Il s’appelait «Tshinkeleshi», autrement dit «Blanc» en tshiluba.
Cet agronome, qui a choisi de faire par la suite les études de journalisme à l’ISTI, est une légende qui nous quitte. Un modèle. Il avait une perception des choses et des événements dont on pouvait découvrir le secret à travers les « apostrophes » dont il nous laisse un recueil. Et pour connaître davantage et lui rendre un meilleur hommage, allons « Dans les profondeurs des apostrophes », une de ses dernières œuvres sur la terre des hommes. Adieu.
Témoignage de Moïse Musangana