En marge de la Conférence des Parties sur le Changement Climatique, COP 29, qui se déroule cette année en Azerbaïdjan, Eve Bazaïba Masudi, Ministre d’Etat de l’Environnement et Développement Durable, s’est confiée au micro de France 24 sur les enjeux de la participation de la RDC à ce sommet annuel organisé par les Nations Unies. Dans cette interview, elle a évoqué l’importance d’un partenariat gagnant-gagnant entre la RDC et le monde dans le marché carbone, pour mener des actions conjointes et ciblées, dans le cadre de la protection de l’environnement contre le changement climatique qui frappe la planète.
Dans cette optique, Eve Bazaïba appelle à un dialogue profond entre les puissances forestières mondiales, pour disposer le carbone, une ressource stratégique pour la préservation de l’écosystème, à un prix conforme, pour un marché où tout le monde peut trouver son compte. Elle a fustigé, par ailleurs, le déséquilibre entre le Nord et le Sud au niveau du prix de carbone, où la tonne est négociée à 100 dollars pour le premier et à 5 dollars maximum pour le second.
‘’Vous savez avec le marché carbone, nous allons avoir un partenariat gagnant-gagnant, y compris l’implication des privés. C’est-à-dire, lorsque les forêts sont mises en programme, et que c’est fait d’une manière transparente, nous vendons ce crédit-carbone après que nous nous soyons convenus. Sur ce, nous devons avoir l’unicité de prix parce qu’il est hors de question d’avoir au sud, le prix du carbone à 2 ou 5 dollars américain la tonne, et 100 dollars la tonne au nord. C’est dans le cadre de ce partenariat que nous pouvons réussir. D’ailleurs, la RDC est déjà très avancée sur cette question’’, a indiqué Eve Bazaïba.
Pour elle, compte tenu de l’importance qu’a le carbone pour cette lutte planétaire, ceci devrait, en principe, coûter bien plus que sa valeur marchande actuelle.
‘’On en profite pour lancer un appel à la Banque Mondiale de respecter ses engagements sur les 55 millions de dollars avec les 11 millions de tonnes achetées… Nous avons discuté la tonne de carbone de 17 à 25 dollars, et nous voudrions que ça monte, voire même à plus de 100 dollars. Parce qu’il est question maintenant de sauver l’humanité. Avec ces fonds carbones, nous allons pouvoir les répartir pour mettre en place nos projets d’adaptation et aussi, booster la solidarité avec les pays qui ne disposent pas de moyen pour faire face au changement climatique, tels que ceux du sahel.
Nous, la RDC, nous sommes en même temps victime et solution à ce phénomène mondial. Voilà pourquoi, nous avons signé ce partenariat entre les pays possédant les forêts tropicales humides, à l’instar du Brésil et de l’Indonésie. Car, rien qu’à nous trois, nous représentons 52% des forêts dans le monde’’, a-t-elle rajouté, tout en mettant en avant le rôle majeur que doit jouer la RDC dans ce processus en tant que pays solution à la crise environnementale mondiale et ce, aux côtés du Brésil et de l’Indonésie, qui possèdent les plus grandes forêts.
Par ailleurs, elle a insisté sur le fait que la question du climat n’est pas une option, mais bien au contraire, une impérative pour tout le monde et que tous les pays devraient y consentir des efforts pour trouver une issue favorable.
La lutte contre le changement climatique est un défi majeur auquel le monde est confronté. La République Démocratique du Congo, deuxième poumon mondial, qui revendique sa position de pays solution, s’ouvre au monde pour trouver des solutions idoines à ce fléau, en mettant en avant son immense forêt équatoriale dans le bassin du Congo. Celle-ci s’étend de République Centrafricaine, au Cameroun, en passant par le Congo-Brazzaville et le Gabon.
Nathan Mundele
