En ce 3 mai, alors que le monde célèbre la liberté de la presse, je ne peux m’empêcher de penser aux héros oubliés de la République. Ceux qui ont payé de leur vie le prix de leur engagement pour une information libre, crédible et au service du peuple.
Franck Ngyke Kangundu, Bapuwa Mwamba, Serge Maheshe, Didace Namujimbi, et tant d’autres… Ils ne sont pas morts par hasard. Ils ont été assassinés parce qu’ils ont eu le courage d’informer, de dénoncer, de questionner. Parce qu’ils ont cru en un journalisme responsable, éthique et engagé.
Vingt, parfois vingt-cinq ans après, leur sang crie encore justice. Leur combat reste vivant dans nos mémoires. Mais où est la reconnaissance de la Nation ? Où est l’hommage officiel à ces martyrs de la liberté d’expression ?
Si l’État congolais estime aujourd’hui avoir posé les bases d’une véritable démocratie, alors il est temps qu’il reconnaisse à titre posthume ces journalistes tombés au front. Il est temps d’ériger une stèle en leur mémoire. Il est temps d’offrir réparation morale et judiciaire à leurs familles.
Car on ne peut pas parler de liberté sans mémoire.
La liberté d’informer ne sera jamais totale tant que les sacrifices de ces journalistes ne seront ni reconnus, ni honorés.
Grâce Ngyke Kangundu
