La plateforme présidentielle se trouve, une fois encore, à la manœuvre dans une opération de chantage qui frise la truanderie. Un groupe de députés provinciaux de Kinshasa exigent entre 5.000 et 15.000$ avant d’accorder leur quitus à l’investiture du Gouverneur Daniel Bumba. C’est en principe demain vendredi 28 juin que le successeur de Gentiny Ngobila doit présenter son programme d’actions à l’Assemblée provinciale. En plus, ces élus provinciaux exigent le versement de 6 mois d’arriérés depuis leur installation.
Visiblement, les Kinois ont élu des affairistes qui avaient pourtant promis de défendre leurs intérêts. Ces élus de Kinshasa abuseraient-ils de la patience du Chef de l’Etat qui a eu à dénoncer la corruption qui gangrène les institutions de la République. Quand une telle initiative vient de la majorité présidentielle qui a juré loyauté au Président de la République, c’est que l’Union sacrée est infestée des taupes.
Il sied, cependant, de reconnaitre que les services de sécurité ont eu à découvrir en début de cette année 2024, un lot de véhicules neufs entreposés dans une parcelle à la Gombe. On a laissé entendre qu’il s’agissait d’un acte de générosité au profit des députés provinciaux de Kinshasa qui menaceraient de boycotter le ticket de l’Union sacrée conduit par Daniel Bumba comme gouverneur.
Pour l’opinion, il ne fait l’ombre d’aucun doute qu’il s’est agi de la corruption. Ces véhicules seraient un don de l’UDPS pour les élus provinciaux. Les responsables du parti présidentiel ont parlé d’une prime d’encouragement pour susciter la motivation des élus avant d’évoquer un don par souci de confort pour certains élus qui se déplacent en taxi ou à moto.
Comme si la réduction du train de vie des membres des institutions n’est qu’un simple slogan pour endormir le paisible congolais. Des signaux pas encourageants qui seraient de nature à torpiller la vision du Chef de l’Etat incarnée par la Première ministre Judith Suminwa.
Arrivée depuis hier à Goma après l’étape de Bukavu, la Cheffe du gouvernement a palpé du doigt les conditions misérables des déplacés qui sont logés dans des abris de fortune. Entretemps, leurs représentants dans les institutions se battent pour rouler carrosse «d’or».
Ce n’est pas pour rien que diverses organisations de la société civile appellent à la dissolution de certaines institutions jugées budgétivores. La RDC mérite-t-elle de se doter de ces institutions seulement par prestige. S’il y a sondage d’opinions, la majorité serait favorable à cette dissolution.
Si rien ne parvient à stopper cette boulimie de ces représentants prétendument du peuple, c’est que le deuxième quinquennat du Chef de l’Etat est mal parti.
La Pros.