Le 24 janvier prochain va coïncider avec le deuxième anniversaire de la cérémonie de passation de pouvoir entre Kabila et Tshisekedi à l’issue des élections de 2018. Cap aujourd’hui sur la prestation de serment de Félix Tshisekedi pour un deuxième quinquennat prévue, sauf imprévu, samedi 20 janvier prochain conformément au calendrier électoral. C’est l’occasion pour ce dernier d’honorer son prédécesseur. Le protocole d’Etat s’activerait à lui envoyer une invitation comme premier et unique sénateur à vie en République démocratique du Congo.
La preuve que la démocratie en RDC poursuit, tant bien que mal, son bonhomme de chemin. Le pays de Lumumba a marqué des points par rapport aux autres pays africains par cette passation pacifique et civilisée du pouvoir. L’ancien chef de l’Etat vaque librement à ses occupations. Une référence dans un continent qui a renoué avec des coups d’Etat et les présidents déchus contraints à l’exil.
Joseph Kabila restera une icône comme le père de l’alternance pacifique. Ancien président de la République, autorité morale du Front commun pour le Congo (FCC)…, il a laissé les mains libres à son successeur qui a rempilé pour ce deuxième mandat.
Par ailleurs, l’histoire retiendra que le deal entre les deux chefs de l’Etat ne s’est pas achevé comme prévu. Cette rupture politique a été acceptée en toute sportivité de part et d’autre. Les uns sont restés au pouvoir tandis les autres ont rejoint l’opposition ou mieux la résistance.
N’ayant pas rencontré les préoccupations du pouvoir organisateur des élections, les fidèles de Joseph Kabila ont opté pour le boycott. Quoi que certains ténors du FCC aient rejoint le regroupement politique créé par Félix Tshisekedi, les deux chefs de l’Etat ne se sont jamais invectivés en dehors de bagouts entretenus par les extrémistes de deux camps.
A quelques jours de l’investiture de Félix Tshisekedi pour un deuxième mandat, le FCC a toujours appelé à l’annulation de ces élections à l’instar des autres partis d’opposition. L’invitation à Joseph Kabila pour participer à cette cérémonie paraitra aux yeux de ses partisans comme une humiliation.
Contre vents et marées, le Raïs est resté impassible à tout, même quand le mur de sa résidence de GLM a été rasé. Pour cette cérémonie, il va s’emmurer dans son mutisme. Pour cette force de caractère, il restera exceptionnel. La cérémonie de l’investiture de Tshisekedi se déroulera sans Joseph Kabila contrairement à celle du jeudi 24 janvier 2019.
La Pros.