En quatre jours d’occupation du chef-lieu du Nord-Kivu, Goma, on dénombre déjà près de 773 morts et 2880 blessés, répertoriés par les structures sanitaires officielles sur place: un carnage humanitaire. Des corps sans vie jonchent encore les avenues de cette ville. Les populations restent exposées à tout genre d’épidémies.
Pour une ville qui manque de tout, c’est les Congolais de partout qui se mobilisent pour donner du sang afin de sauver les vies humaines. Depuis, les agressions à répétition de la République démocratique du Congo, une nouvelle forme de violence rythme la vie des Congolais. Ôter la vie à quelqu’un n’émeut plus. Le Rwanda depuis le génocide de 1994 a su inoculer le venin de tuer sans remord aux Congolais.
Le Rwanda, sous prétexte de poursuivre des FDLR, doit massacrer, en toute impunité, autant de Congolais. Heureusement que, cette fois-ci, la Communauté internationale commence à comprendre d’abord en dénonçant la violation de l’intégrité de la RDC avant de demander à Kagame de retirer ses troupes déployées en territoire congolais.
C’est dire que si rien ne le stoppe en RDC, il n’hésitera pas à poursuivre ses velléités hégémoniques ailleurs. Pour la première fois, quelques pays occidentaux, plutôt que de continuer à attendre une option de l’Union européenne, devancent en suspendant l’aide octroyée à Kigali. Londres vient d’emboiter les pas à Berlin en menaçant de suspendre son aide à la coopération évaluée à 1 milliard de dollars.
L’Angleterre est l’un des principaux soutiens financiers du Rwanda. Cette décision est un signal fort qui donne le ton aux autres partenaires du pays de mille collines. Le carnage vécu par la population dans cette partie Est de la RDC est indescriptible, surtout qu’il dure depuis une trentaine d’années.
Le dialogue devient une bouée de sauvetage pour l’homme fort de Kigali, du reste, honni par toute la communauté internationale. Harare, le vendredi 31 janvier dernier, lors du sommet extraordinaire de la Communauté de développement de l’Afrique australe, a réitéré son appel à un règlement pacifique au conflit en proposant la tenue d’un sommet conjoint avec la Communauté de l’Afrique de l’Est.
Que deviennent en ce moment le processus de Nairobi et celui de Luanda ? Les deux démarchés s’étaient rapprochés du but jusqu’au moment où le Président rwandais s’est rebiffé en exigeant des négociations directes entre le Gouvernement congolais et le M23. Pour Kinshasa, c’est la ligne rouge à ne pas franchir.
Difficile d’entrevoir les chances de cette initiatives au regard des forces en présence. Personne ne veut être dupé alors que chacun veille au grain pour sauvegarder ses intérêts.
La Pros.