La crise à l’Est de la République démocratique du Congo a pris une tournure comme jamais auparavant dans l’histoire d’une trentaine d’années de cette guerre d’agression. Les conquêtes des territoires entachées des violations massives des droits de l’homme, dépassent tout entendement. Les experts onusiens ont effectué un décompte macabre de 3000 morts en 5 jours d’affrontements dans le chef-lieu de la province du Nord-Kivu.
Autant d’abus ne pouvaient pas passer inaperçus aux yeux de la Communauté Internationale qui se trouve, elle -même, confrontée à une situation similaire à celle de la RDC: un Etat indépendant décide d’envahir son voisin en violation de tous les traités internationaux. Le fronts diplomatiques et judicaires ont été mis en branle. Le Rwanda semble, de plus en plus, cloué au pilori.
C’est alors qu’il s’est tenu à Dar es-salaam le sommet EAC-SADC. Tout le monde s’est engagé à respecter les décisions qui en ont découlé en l’occurrence, un cessez-le-feu immédiat et sans conditions. Mais hélas, il a fallu seulement 48 heures pour que l’armée rwandaise et ses supplétifs du M23 puissent reprendre les hostilités au Sud-Kivu et sur l’axe Lubero au Nord-Kivu.
C’est dans ce contexte que la mission des prélats catholiques et protestants est arrivée à Goma pour rencontrer les autorités de l’AFC-M23 dans le cadre une démarche de consultations avec différents acteurs politiques et sociaux afin de promouvoir la cohésion nationale face à l’escalade de la crise sécuritaire dans l’Est du pays.
La délégation des prélats de deux institutions religieuses se trouve butée à un problème de sincérité des parties. La bipolarisation de position sur l’option de négocier ou non avec le M23 divise la classe politique. La Majorité présidentielle s’est prononcée contre cette initiative des catholiques et protestants même si quelques individualités les encouragent.
Cependant, l’opposition dans son ensemble semble partante même si le PPRD de Joseph Kabila s’oppose à l’idée du dialogue en se s’inscrivant dans la logique de la démission, avant toute chose, de Félix Tshisekedi.
Après l’étape de l’Est, la CENCO et l’ECC sont attendues à Bruxelles pour la même démarche. Ces bonnes intentions des pères spirituels ne risquent-elles pas de servir de bouée de sauvetage pour desserrer l’étau diplomatique et judiciaire dans lequel Kagame s’est enfermé?
La Pros.