Révision, modification ou nouvelle Constitution, ce n’est plus un tabou. Les intentions de l’UDPS distillées à travers Augustin Kabuya, ont été confirmées par le Chef de l’Etat, lui-même, à Kisangani. Cette opération pourra intervenir l’année prochaine en 2025.
En attendant, le 20 janvier 2025, Tshisekedi va fêter la première année de son quinquennat, le deuxièmement et le dernier, conformément à la loi fondamentale en vigueur. Plus que quatre nouvelles années de sursis. En réalité, trois ans, s’il faut s’en tenir à la constitution actuelle pour que le vainqueur du challenge de 2023 puisse accomplir son programme de campagne basé sur les six piliers.
Cependant, le deuxième quinquennat risque de ressembler au premier avec peu d’actions à impact visible sur la population. Le marché central de Kinshasa toujours inachevé, les pavillons réhabilités de l’ex-Mama Yemo encore inaccessibles, l’aréna de Kinshasa dont les travaux seraient à l’arrêt, les routes défoncées de la capitale pourtant réhabilitées… et finalement la gratuité de l’enseignement ainsi que la couverture santé universelle qui peinent à se mettre en place.
Pourquoi n’avoir pas attendu que le premier Budget de 2025 soit promulgué pour que le Gouvernement commence véritablement à travailler avec effet sur le quotidien de la population avant de se préoccuper de cette annonce sur la Constitution. Augustin Kabuya n’aurait-il pas commis l’erreur de dévoiler tôt le projet ? Le Chef de l’Etat se trouvera ainsi devant le fait accompli. Le vin est tiré, il faut le boire.
Il y a lieu de constater que l’UDPS, dans cette démarche politique, n’associe pas ses sociétaires de l’Union sacrée. Aucun débat. Le parti présidentiel semble s’enfermer dans son tour d’ivoire. Chaque parti ou regroupement politique préfère se murer dans un silence assourdissant.
La plateforme présidentielle ressemble désormais à un conglomérat muselé d’aigris et de frustrés qui attend de se manifester au bon moment. Certains leaders murissent d’intentions de postuler à la présidentielle mais il faut savoir en quoi s’en tenir afin d’éviter le retour de la manivelle. L’objectif : éviter tout froissement. L’UDPS à la manette reste indéboulonnable. Elle ne va pas élaborer une nouvelle Constitution pour faire le lit de l’opposition. C’est prendre des vessies pour des lanternes.
Les sociétaires de l’Union sacrée en sont bien conscients. Se battre au sein de la plateforme présidentielle leur garantirait une stabilité politique plutôt que de prendre le risque de s’y opposer alors que le présidium de ce regroupement politique participe, à de degré divers, aux institutions du pays. Un tien vaut mieux que deux tu l’auras.
La Pros.