‘’Dans l’objectif de rendre hommage à ces chevaliers de la plume assassinés lâchement dans l’exercice de leur métier’’, l’Association Congolaise des Femmes de la Presse Ecrite, ACOFEPE, a, en collaboration avec les associations professionnelles des médias, présenté officiellement au Gouvernement, un plaidoyer de reconnaissance de 22 journalistes assassinés de 1994 à 2021 au titre des martyrs de la liberté de la presse. La cérémonie s’est déroulée le mercredi 1er novembre dernier au Musée National en présence de Patrick Muyaya, ministre de la Communication et médias, Fabrice Puela : des Droits humains mais également, de certains membres des familles des illustres disparus.
Les autorités présents ont tout d’abord commencé par faire le tour de l’exposition des photos des journalistes ‘’Martyrs de la liberté de la presse’’. Nous pouvons citer entre autres Serge Maheshe, Franck Ngyke et son épouse Hélène Mpaka, Dida Namujimbi, Soleil Balanga…
A cet effet, Patrick Muyaya, ministre de la Communication et médias et Fabrice Mpuela des Droits humains, ont reçu des mains de Grâce Ngyke, Présidente de l’ACOFEPE l’argumentaire de ce plaidoyer. A en croire l’exposé, cet argumentaire vise notamment ‘’à rendre immortels dans la mémoire collective ces journalistes assassinés. Mais également, à plaider en faveur de la protection des journalistes en RDC’’.
D’après le ministre de la Communication et médias, consacrer déjà toute une journée pour parler de ces journalistes assassinés, c’est déjà un début de réponse à cette lutte. Il a par ailleurs reconnu que ‘’Garder leurs mémoires dans les cœurs est aussi une façon de rendre hommage’’. C’est ainsi que Patrick Muyaya s’est dit heureux de recevoir ce plaidoyer, car à l’en croire, le gouvernement veut également découvrir la vérité sur ces assassinats.
Il a néanmoins regretté que la plupart de ces assassinats se commettent très souvent dans un contexte général marqué par une insécurité qui dure depuis plus d’une vingtaine d’années. Car selon lui, ses services ont documenté plusieurs cas d’attaque contre les médias dans les territoires sous occupation. ‘’ Tant que nous n’aurons pas consolidé l’Etat des droits que nous voulons tous créer les conditions de sécurité, les journalistes seront toujours exposés’’ a soutenu Patrick Muyaya.
A cet effet, a renchéri le ministre,’’ un mécanisme a été mis en place pour les journalistes en danger, afin de s’assurer de manière permanente qu’un appui nécessaire leur est apporté’’.
« Et surtout, a-t-il affirmé, depuis mon arrivée à la tête du ministère de la Communication et médias, j’ai travaillé dans le sens de permettre aux journalistes d’exercer leur profession en toute quiétude et de l’entourer des précautions d’usage d’autant plus que la sécurité des journalistes est un impératif car c’est à travers eux que la démocratie existe’’. Ainsi, il a promis par la même occasion, de faire parvenir les messages à qui de droit au niveau du Gouvernement.
Pour l’un des membres des victimes, en l’occurrence la veuve du journaliste Serge Maheshe, secrétaire de rédaction à la Radio Okapi Bukavu, assassiné dans la nuit du 13 juin 2007 à Bukavu, chef-lieu de la province du Sud Kivu, a laissé entendre que c’est révoltant de perdre quelqu’un de cher, un parent proche dans ces genres des circonstances. Et d’après elle, personne ne peut ressentir cette douleur si ce n’est que celui qui la ressent intérieurement.
Elle a dit regretter que jusqu’à ce jour, la justice n’ait pas encore donné des réponses à tous leurs questionnement. ‘’Aucune justice équitable n’a été rendue’’, a-t-elle confirmé.
Ce qui est pire, d’après elle, les auteurs de ces crimes n’ont jamais été poursuivis malgré les requêtes des familles adressées dans ce sens. Au contraire, ‘’ces criminels vivent tranquillement chez eux alors que nos proches ont été arrachés cruellement de notre affection et nos blessures n’ont jamais cicatrisé’’, a regretté la veuve. C’est ainsi qu’elle a dit louer le combat que mène l’ACOFEPE pour qu’enfin une reconnaissance soit rendue aux illustres disparus car ça nous permettra de leur rendre hommage et soulager, tant soit peu, notre peine.
De son côté, le Ministre des Droits humains a promis de porter haut et fort ce combat pour non seulement la reconnaissance de ces journaliste comme martyrs de la liberté de la presse mais aussi pour que les auteurs de ces crimes répondent de leurs actes. Car, d’après Fabrice Puela, ‘’le caractère sacré de la vie veut que nul ne puisse se permettre d’ôter la vie à quelqu’un. Et cela de manière générale parce qu’en termes de droits humains, toute vie est vie. A Combien à plus forte raison pour cette catégorie des personnes que sont les journalistes. ‘’Il faut donc que ceux qui sont impliqués dans des tels crimes répondent de leurs actes’’, a-t-il conclu.
Nelly Somba
