
La République démocratique du Congo enregistre un signal diplomatique fort. Dans le cadre du processus de mise en œuvre des Accords de Washington, signés en décembre, sous la facilitation américaine, Kinshasa affirme, en effet, avoir réussi à obtenir la signature, par les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), d’un protocole de démilitarisation, de démobilisation et de cantonnement, marquant une avancée tangible dans la concrétisation de la reddition volontaire de ce mouvement militaire, préalable au retrait effectif des troupes rwandaises du sol congolais.
Lors d’un briefing tenu hier, mardi 28 juillet 2026, le Ministre de l’Intégration régionale, Floribert Anzuluni, et son collègue Patrick Muyaya, Ministre de la Communication et médias, ont souligné des perspectives de restauration de la paix en RDC. Ils ont rappelé la détermination du Gouvernement congolais à tenir son front diplomatique avec responsabilité pour défendre la souveraineté nationale et, surtout, pour vider les subterfuges du Rwanda ayant souvent caché ses visées économiques dans la crise sécuritaire trentenaire de l’Est du territoire congolais.
« Comme vous le savez tous, le 4 décembre dernier, la République démocratique du Congo a signé un accord de paix à Washington, sous la facilitation des États-Unis, du président américain, avec le Rwanda. Accord de paix auquel étaient adossés des engagements de deux parties. Ces engagements se retrouvent partiellement dans ce que vous connaissez probablement, le CONOPS, le concept opérationnel qui reprend l’opérationnalisation des différentes étapes. Alors, dans le cadre de ce CONOPS, le Rwanda s’est engagé tout d’abord à retirer ses troupes de la RDC, à quitter le territoire congolais. C’est ce qu’ils ont appelé la levée des mesures défensives. Et la RDC s’est engagée à neutraliser le mouvement rwandais, les FDLR. Par neutralisation, nous entendons réduire ce que le Rwanda qualifie de menace que représentaient les FDLR vis-à-vis de son territoire », a expliqué le Ministre Floribert Anzuluni, dans ses propos luminaires.
Fini la confusion
» Nous, la RDC, nous avons toujours soutenu et nous continuons à soutenir que cette question des FDLR est une manipulation du Rwanda qui a utilisé et continue d’utiliser cette question pour cacher l’objectif de son agression, qui est, bien évidemment, lié aux ressources, au contrôle des ressources naturelles congolaises… Donc, j’insiste, je commence par vous dire que nous estimons, en tant que gouvernement congolais, que cette question est manipulée, mais nous avons, en toute responsabilité, pris l’engagement de mener les actions qu’il faudra pour pouvoir neutraliser ces FDLR. Et donc, dans le cadre de ces accords et du CONOPS, il y avait la phase de sensibilisation, suivie de la phase de neutralisation par la force. Depuis le mois d’octobre de l’année dernière, la RDC a commencé cette phase de sensibilisation. Donc, nous avons procédé à la sensibilisation communautaire, avec d’ailleurs le concours de la MONUSCO, à travers différentes activités communautaires de sensibilisation, pour attirer les FDLR et les pousser à se rendre, on va dire, volontairement… L’objectif de la sensibilisation est d’avoir une reddition volontaire, qui passerait donc par la démobilisation, le désarmement et le cantonnement. N’ayant pas eu de résultats, depuis le mois de mars dernier, nous avions quand même initié un processus de déploiement des troupes sur terrain dans le Nord-Kivu, plus précisément à Walikale. Nous avons déployé, des bataillons, qui ont également commencé à se préparer à agir pour une neutralisation par la force. Et nous avons alors été, en tant que gouvernement, contacté par le leadership politique et militaire des FDLR, pour pouvoir, justement, discuter sur les conditions d’une reddition et les conditions d’une démobilisation, démilitarisation, démobilisation et d’un cantonnement », a ajouté le Ministre de l’intégration régionale.
Localisation des FDLR
» Il est également important de préciser que la question qui se pose, c’est : où sont localisés, finalement, ces FDLR ? Là également, lors des discussions, les discussions dans le cadre de suivi qui a été mis en place après les accords de Washington, nous nous sommes, RDC, Rwanda et le facilitateur, accordés sur le fait que ces FDLR se trouveraient dans six zones. Cinq zones localisées dans le Nord-Kivu et une zone dans le Sud-Kivu, au niveau des hauts plateaux… Il est important de préciser que toutes les parties ont clairement déterminé que sur les six zones, cinq zones sont hors de contrôle de l’armée congolaise et sous contrôle du Rwanda/AFC-M23. Donc, il s’agit de quatre zones dans le Nord-Kivu et une zone dans le Sud-Kivu », a-t-il indiqué, dans sa dynamique.
Vigilance de mise
Selon Floribert Anzuluni, la partie congolaise prévoit d’engager tous les mécanismes nécessaires afin d’obtenir le respect des engagements pris dans le cadre des Accords de Washington.
» Le plus important pour nous, c’est le sérieux des procédures. Aujourd’hui, nous avons l’engagement des leaders politiques et militaires qui prendront part avec leurs combattants à ce processus de désarmement… Et donc, nous allons tout mettre en œuvre pour que la totalité, ou l’intégralité de ce qui reste puisse prendre part à ce processus de démobilisation. Alors, pour ce qui est des garde-fous, effectivement, nous allons, dans le cadre de ce protocole, mettre en place un comité représenté par des partenaires régionaux et internationaux afin justement de nous assurer que ce processus va suivre le cheminement approprié, pas seulement au niveau de la démobilisation… Donc, très clairement, avec le soutien également technique du PDDRCS, notre mécanisme interne de démobilisation, et de tous les partenaires, nous allons mettre en place des outils et des mécanismes qui ne devraient plus permettre d’arriver à ce genre de situation », a-t-il rassuré.
Dans ses interventions, de son côté, le Ministre de la Communication et médias, Patrick Muyaya, a réitéré le narratif congolais sur la paix. Selon lui, le Rwanda se doit de respecter scrupuleusement ses engagements pris aux États-Unis pour permettre d’ouvrir une trajectoire de coopération économique régionale aux résultats concrets et tournée vers les défis du développement.