La démocratie c’est un mode de gouvernement qui repose sur la volonté du peuple. Elle se définit comme le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple. Autrement dit, c’est le pouvoir du peuple. En démocratie, la souveraineté appartient au peuple qui choisit ses dirigeants. Le peuple, souverain primaire, choisit ses représentants qui exercent le pouvoir en son nom; par voie de conséquence, les personnes mandatées sont tenues de rendre compte.
La démocratie a l’avantage d’associer les autres à la gestion de la chose publique par le biais du dialogue au niveau des assemblées des représentants où se côtoient les membres de l’opposition et de la majorité. Elle garantit la participation des parties prenantes dans la prise des décisions selon des mécanismes prévus par la constitution. Pour certains, c’est le système idéal de gouvernance ; pour d’autres, c’est le moins mauvais.
La démocratie des pays africains encore vacillante et à la recherche de ses lettres de noblesse a besoin d’acteurs politiques et sociaux engagés pour sa vitalité et son redressement. Elle a besoin d’un service d’accompagnement et d’éducation civique populaire constitué de toutes les parties prenantes : pouvoir, opposition, société civile, église, association, etc.
Eduquer le peuple à connaître ses droits et ses devoirs, s’approprier les mécanismes d’acquisition et d’accession au pouvoir en démocratie : présentation des candidats, campagne électoral, vote, publication des résultats, c’est la voie royale si l’on veut réussir une démocratie participative, etc.
En effet, les personnes élues, exerçant l’autorité, reçoivent dans nos pays tous les pouvoirs au point de retomber dans la dictature. Les mécanismes de régulation qui assurent l’équilibre des pouvoirs s’annihilent avec l’élection d’un chef suprême qui exerce l’autorité dans tous les domaines importants de la vie de la nation.
Il est partout et donc, incontournable. En lieu et place d’une administration forte, la démocratie en Afrique produit plutôt des hommes forts. La magie des élections finit par fabriquer des chefs tout- puissants pour exercer le pouvoir politique dans des régimes démocratiques.
Il faut dire que le pouvoir politique sert avant tout à organiser la cité, gérer les personnes et leurs biens, veiller à leur bien-être en garantissant les services essentiels : la santé, l’éducation, l’administration, la libre circulation, l’ordre, la sécurité de tous, la protection des frontières héritées de la colonisation, etc. La politique a pour mission d’aider les hommes à mieux vivre et à s’épanouir.
Les partis politiques ont pour mission de concourir à l’expression du suffrage, à la formation de la conscience nationale et à l’éducation civique de leurs membres. Ceci signifie que les partis politiques doivent amener leurs membres à se convaincre que le pouvoir doit se conquérir par les urnes, c’est-à-dire, par les élections, à savoir défendre la nation et son intégrité territoriale par tous les moyens et à s’opposer à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou la tricherie ou encore l’exerce en violation des dispositions de la constitution.
La démocratie en Afrique devrait passer par la formation des militants et des électeurs.
Si le peuple n’est pas éclairé sur les enjeux de la démocratie qui fait la part belle au dialogue, à la tolérance, aux respects des règles, à l’esprit de justice, à l’écoute, au respect des adversaires politiques, la démocratie en souffrirait.
L’école devrait également prendre ses responsabilités dans l’éducation civique des élèves pour préparer l’avenir.
Tout en reconnaissant les progrès accomplis par certains pays africains en la matière, il faudrait un ambitieux plan de formation des citoyens et des militants, sans quoi nous tournerons en rond.
Pr Jean-Marie Bomengola
Université Catholique du Congo
Faculté de communications sociales
