Le sommet de Dar es-Salaam entre les pays de l’Afrique de l’Est (EAC) et la SADC pour l’Afrique australe, se tient samedi 8 février prochain. Sur ce, il est prévu demain une rencontre des ministres des Affaires Étrangères des pays de deux sous-régions africaines. C’est à ce niveau que les experts vont baliser le chemin avant le sommet des Chefs d’Etat.
Il y a lieu de noter que de toutes les initiatives du dialogue, celle de la capitale tanzanienne semble captiver les esprits. A cet effet, deux tendances se dessinent. La première sur laquelle s’appuie Kagame à savoir, les pays de l’EAC et la deuxième qui soutient Tshisekedi avec la SADC. Entretemps, sur la table avant cette rencontre de Dar es-Salaam, existent le processus de Naïrobi porté par l’ancien président kenyan Uhuru Kenyatta et celui de Luanda avec le président Joāo Lourenço.
Mais déjà, Uhuru Kenyatta, le facilitateur du processus de Nairobi, a soumis un rapport actualisé aux secrétariats de l’Union Africaine (UA), de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) et de la Communauté de Développement de l’Afrique Australe.
Il réaffirme que les processus de Nairobi et de Luanda constituent la meilleure opportunité de résolution et de sortie de crise avant de poursuivre que ces processus sont interdépendants. Seule une coordination étroite entre les négociations bilatérales entre le Rwanda et la RDC, et le Dialogue Intra-Congolais, permettra d’aboutir à une solution durable.
C’est curieux que Uhuru Kenyatta qui a rencontré les groupes armés à Nairobi en dehors du M23, épouse la thèse de l’EAC qui veut des négociations d’égal à égal avec le pouvoir de Kinshasa. Comme si les carottes sont cuites et la ligne rouge de Kinshasa devient, peu à peu, verte. Ce, alors que sur le terrain, le Rwanda et le M23 poursuivent leur offensive en direction du chef-lieu du Sud-Kivu. Une façon de tenir Kinshasa au collet.
Par ailleurs, il sied de s’interroger sur l’impact des consultations des prélats catholiques et protestants qui envisagent un dialogue national incluant le M23. Déjà, ce dernier avait refusé d’être associé avec les autres groupes armés à Nairobi. Est-il prêt à accepter de participer à un tel rendez-vous avec toute la classe politique où il risque d’être mis en minorité?
On ne semble pas, pour autant, sortir de l’auberge. Rien n’est moins sûr aussi longtemps que la rencontre de la Tanzanie ne s’est pas encore tenue. Entretemps, que deviennent les FDLR qui écument les forêts congolaises servant de prétexte pour justifier les attaques du Rwanda?
La Pros.