Le mardi 16 décembre 2025, le Président de la République, Félix Tshisekedi, a procédé au lancement de la 1ère édition des Conférences annuelles du Service Public. Un rendez-vous présenté comme un moment charnière dans la volonté de moderniser l’appareil administratif de l’Etat, afin d’améliorer la qualité des services rendus aux citoyens et de rendre plus palpable l’action publique sur le terrain. Parmi les personnalités présentes, Isidore Kwandja Ngembo, Représentant de la RDC près le Conseil d’orientation du Comité International des Jeux de la Francophonie et Directeur national des IXes Jeux de la Francophonie (2023), a livré une lecture sans détour de l’enjeu : sans une administration performante, aucune politique ne peut réellement produire ses effets.
« Vous savez que l’administration publique c’est l’épine dorsale du gouvernement et c’est elle qui met en œuvre toutes les politiques publiques initiées par le gouvernement », a-t-il affirmé.
Pour Isidore Kwandja, la démarche du Chef de l’Etat s’inscrit dans une logique de refondation. Il ne s’agit pas seulement d’annoncer des politiques, mais de s’assurer qu’elles puissent être exécutées, suivies et évaluées. En d’autres termes : faire en sorte que l’Etat fonctionne, au-delà des intentions.
« Le Président de la République a pensé à réformer cette administration pour qu’elle soit efficace, compétente et professionnelle. Parce que quand une administration publique est efficace… les actions du gouvernement sont visibles sur le terrain. » Cette réforme, explique-t-il, vise un résultat concret : que les politiques publiques décidées au sommet deviennent visibles dans la vie quotidienne.
Le chantier des réformes structurelles
L’ancien haut fonctionnaire insiste sur la nécessité de s’attaquer aux dysfonctionnements internes : structures inopérantes, chevauchements de missions, lenteurs et zones grises qui affaiblissent l’exécution des décisions publiques.
« Donc c’est vraiment important qu’on puisse restructurer l’administration publique, faire des réformes structurelles. C’est-à-dire que voir les structures qui ne marchent pas, on corrige, on renforce… »
Dans cette perspective, les Conférences annuelles du Service Public apparaissent comme un cadre d’échanges et d’impulsion politique, appelé à transformer le fonctionnement administratif, en replaçant l’usager, le citoyen au centre.
Par ailleurs, Isidore Kwandja rappelle une évidence souvent négligée : la qualité du service public dépend d’abord des femmes et des hommes qui portent l’action administrative. L’Etat peut annoncer des programmes ambitieux ; leur réussite dépend des capacités opérationnelles des agents publics.
« Parce que ceux qui mettent en œuvre ce sont les fonctionnaires de l’Etat. Donc ils ont besoin d’avoir les compétences nécessaires… pour être en mesure de fournir les services de qualité à la population. »
Digitalisation : la clé d’une administration moderne et transparente
Au centre de son intervention : la digitalisation, présentée non comme une option, mais comme un levier déterminant de performance, de transparence et d’économie. Fort de son expérience au Canada, il plaide pour une bascule numérique capable de rationaliser la gestion du personnel et d’améliorer le suivi.
« Moi qui vous parle ici, je suis un ancien fonctionnaire du gouvernement du Canada… et je vous dis que la digitalisation, c’est la clé pour rendre l’administration efficace, compétente et compétitive. Avec la digitalisation, on sait démasquer toutes les personnes qui ont 2, 3, 4 numéros matricules. Avec la digitalisation, on sait suivre tous les employés et voir leur performance. », a-t-il indiqué.
Dans un contexte où la maîtrise des effectifs reste un défi, il met notamment l’accent sur la capacité du numérique à identifier les anomalies et assainir les fichiers.
Mais l’enjeu va au-delà de la simple chasse aux doublons. Il s’agit aussi de mesurer la performance, d’améliorer la gestion des ressources humaines et de renforcer la redevabilité.
Vers l’administration des “3E”
Autre argument mis en avant : la dimension économique. Une administration digitalisée, selon cet analyste politique, permet de réduire des dépenses, de limiter les lourdeurs papier, de fiabiliser les données et d’optimiser la paie et la gestion.
« Sur le plan économique, on sauve beaucoup d’argent… parce qu’on a tous les fonctionnaires dans le système. On n’a plus besoin de beaucoup de papiers. On travaille maintenant avec les ordinateurs. »
Il résume alors l’objectif recherché par une formule appelée à marquer les débats : le triptyque des “3E”, qu’il associe à l’administration publique moderne.
« Les 3 E. Économie, efficacité, efficience. »
Et de conclure sur l’ambition globale qui est de construire une administration moins coûteuse, plus performante, plus utile au citoyen.
« Voilà. Donc c’est ce qu’on est en train de rechercher. L’économie, l’efficacité et l’efficience de l’administration publique congolaise. »
Nathan Mundele
